Street art industrialis

Lundi matin, à la Pointe Poulmarch, cette petite place sur l’autre rive du canal Saint-Martin (Paris, 10e), j’ai pensé un moment que la municipalité de Paris procédait à un grand nettoyage de printemps. Les ouvriers, au lieu de « karchériser » le mur où l’on a vu s’afficher en grand la devise Fluctuat nec Mergitur, après les attentats du 13 novembre 2015, découpaient de grands carrés de plastique blanc qu’ils allaient ensuite coller, à l’aide de la plateforme élévatrice d’un camion, sur les quelques graffiti ornant toujours une partie de l’immeuble dévolu ainsi au rôle de cimaise publique.

Quand la surface fut devenue entièrement immaculée, je pensais qu’il s’agissait d’une sorte de toile à l’envers d’un Pierre Soulages qui aurait tourné casaque ou d’un coup de semonce pour tout nouveau « graffeur » en mal de défoulement.

Or, hier matin, l’immeuble, du bas en haut, était transformé en tableau où un camion-grue avait dû porter les « artistes » (dûment autorisés, je présume) dans les airs pour qu’ils puissent œuvrer à leur aise. Il sera désormais difficile aux amateurs équipés de simples petites bombes à peinture de venir s’attaquer aux figures du sommet.

Juste à côté, j’ai repéré une affiche pour un autre genre d’expo dans ce lieu qui est marqué par un réjouissant « serpent vert » au bord de la Seine, presque en face du ministère de l’Economie et des Finances – Emmanuel Macron, quand il était « dans le système », devait le confondre avec « le serpent monétaire international » comme il a cru récemment que la Guyane était une île – et je vais donc essayer d’y faire un saut, histoire d’admirer un autre style.

(photos : cliquer pour agrandir.)

(Jon Hassell, Caravanesque)

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