Lune, extérieur jour

lune_23.11.21_dh

(Paris, 23 novembre, 08:41.)

Abracadabra, tu es là ! Comme une apparition, sphère d’un rêve, globe oculaire, astre décalé, descendu ou suspendu dans la lumière, inversion du cours des jours, alunissage au-dessus de la terre après atterrissage sur toi-même, beau vaisseau spatio-temporel (Armstrong, Aldrin et Collins en sautèrent de joie), la nuit s’était effacée, tu l’avais franchie sans faire de vagues, ton rôle de phare nocturne jeté aux orties, minuscule lampadaire arrondi comme un « i », mais tu étais vraiment pleine et non en forme de croissant – pourtant, le matin, quel autre aiguisement de l’appétit ? – et tu te la jouais « Je suis présente quelle que soit l’heure, sonnante ou trébuchante », un oiseau fantôme semblait passer devant ta rondeur blanche, à moins que ce ne fût une carlingue siglée Air France, le silence régnait en consentement mutuel et lunaire, tu éclairais le ciel d’un halo pâle mais pas sans intérêt, des particules invisibles s’envoyaient en l’air, on respirait précautionneusement, le moindre souffle t’aurait renvoyée te rhabiller ou te dissoudre dans l’horizon azur, ton occupation avait défié l’ordonnancement des choses, des êtres humains, des animaux, des lucioles mal éteintes, des cigales égarées, du minuit à midi et autres basculements inéluctables. C’était un renversement de la vision, ll suffisait d’apercevoir le ciel et ce battement de cil argenté.

(Les Paul & Mary Ford, How High The Moon)

[Métronomiques cesse sa parution aujourd’hui, jusqu’à la fin de 2021.

Bonne fêtes à toutes et tous, et à chacun sa dose de ce qu’il préfère ou subit.

Peut-être à l’année prochaine ? Portez-vous bien, y’a pas d’souci ! 🙂

D.H.]

(photos : cliquer pour agrandir.)

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