Archives du 16/12/2013

Aventures banales d’Henri Polar [1]

[ Où l’on fait connaissance avec notre héros quelque peu dissimulé. ]

Je préfère toujours garer ma camionnette dans cet arrondissement parisien, le 10e, car il possède un certain nombre d’ouvertures (la République) ou d’échappées (le canal Saint-Martin) qui libèrent le regard et l’activité.

Bien souvent, je choisis mes lieux de stationnement par rapport aux contractuelles (la plupart du temps ce métier est effectué par l’agent féminine), je connais leurs secteurs de récolte, j’ai appris leur manège même si certaines ont parfois du mal à valser.

Dans mon mobile home, le plus souvent immobile, je fais ma petite tambouille, matin, midi et soir. Le reste du temps, je me balade avec comme objectif de rendre rentable ma journée. Soit j’imite le type qui fait la quête sur le trottoir (j’ai quelques cartons écrits à l’avance de manière malhabile, avec des fautes de français pour faire plus « étranger » et déraciné), soit je repère une proie que je suis et chasse jusque dans le métro et dont je fauche le sac à main porté imprudemment sur l’épaule.

Ma recette (pour parler comme Cyril Lignac) n’est pas infaillible : il y a des jours où ça rapporte, d’autres où je rentre bredouille. Une fois à l’abri dans mon véhicule, je mets France Musique et j’écoute soit du classique – mais ça parle beaucoup trop – soit du jazz – et ça bat bien.

J’ai décroché une carte de résident pour ce qui me sert de tente Qechua montée sur roues. De ce côté-là, je suis tranquille et comme j’annonce la couleur sur la carrosserie, je ne risque pas grand-chose. Pour me nourrir, il y a partout des Franprix, des U et aussi un Monop’ rue de Marseille, no problem.

Le soir venu, je ferme les rideaux, et je me borde dans des rêves biscornus ou imparables. Je change alors de station de radio et la nuit devient, comment dire…?, magnétique.

HP1_DH(La photo doit être agrandie.)

(Canned Heat, On The Road Again)

[ ☛ à suivre ]

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