Archives du 01/02/2014

//// Des lettres disparaissent ////

« Son pouls battait trop fort. Il avait chaud. Il ouvrit son vasistas, scruta la nuit. Il faisait doux. Un bruit indistinct montait du faubourg. Un carillon, plus lourd qu’un glas, plus sourd qu’un tocsin, plus profond qu’un bourdon, non loin, sonna trois coups. Du canal Saint-Martin, un clapotis plaintif signalait un chaland qui passait. »

Georges Perec, La Disparition, Denoël, 1969 (Gallimard, « L’Imaginaire », 1999, page 19)

Grand soir pour accomplir son forfait assassin : captation dans l’instant, ablation a priori visant l’inscription avec son brillant cursus, aspiration au cumulus nimbus dont la vocation voudrait  l’horizon indigo.

La nomination marquait ainsi un trait blanc du haut du magasin suivant son voisin. Il n’y avait plus d’organisation dans la signification du mot à mot signant la promotion. Manquant au logis distinguant la multiplication d’or dur d’où s’astiquait la disparition, un quidam voyait un bloc sans continuum, issu par hasard, soudain bancal ou tombant sous un bon vouloir mal grandi, handicap du ciboulot, attachant par l’imbroglio d’un mouchoir haussant son pantalon.

Avant l’achat sans fin – soumis aux sinus, cosinus ou savants fous – dû aux appâts frits par la mondialisation au galop, il grimpait alors sur tous toits afin d’assouvir son sourd amour qui voulait abolir trait par trait l’igloo alpha ou grammatical.

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Lettres5_DH(Paris le 28 janvier, rues du Faubourg-du-Temple et Jules Verne, 10e et 11e. Cliquer pour agrandir.)

(Erik Satie, Gnossienne N°1)

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