Archives du 19/04/2014

Cependant d’autres paradis (4\4)

J’avais pensé à ce titre à cause de la rue de Paradis à Paris (10e), mais aussi à toutes celles qui lui sont adjacentes, perpendiculaires, parallèles, contiguës ou contingentes, celles qui serpentent avec paresse ou précipitation (comme la course rectiligne de la dénommée La Fayette), celles qui portent des noms qui ne sont pas ceux d’hommes ou de femmes célèbres, et il y a comme cela tout un enchevêtrement, un entrelacs (même près du canal Saint-Martin !), un écheveau léger où, effectivement, beaucoup de cyclistes croisent des piétons et des voitures et des bus et des camions et des motos et des scooters et de rares mobylettes et des véliplanchistes à roulettes et des amateurs de trottinettes et des pousseurs de poussettes et des patineurs rescapés malgré la mode passée et des personnes qui portent des béquilles ou s’aident d’une canne et c’est un peu une cour des miracles en moins ressemblante à un tableau de Brueghel, la roue paradisiaque de l’existence qui tourne dans la ville, celle-ci ou une autre, ce maelström où l’on ne croise en majeure partie que des inconnus, chacun poursuit son but, sa destination, sa destinée dans ce dédale saisi en un ou plusieurs instants par l’objectif photographique, et inscrit sur l’écran juste le temps qu’un autre regard s’en empare et l’oublie dès la « lecture » faite, car tel est ce système, ce procédé – Au nom de la loi du blog, avec Steve McQueen – voué à l’effacement, à l’éphémère, comme le sillage trop vite disparu d’un parfum aimé.

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Paradis36_DH(Cliquer ou bouger les photos pour les agrandir.)

(The Modern Jazz Quartet, Midsummer)

[ ☛ FIN ]

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