(publ)iPhone

Comme dans certains films américains, on rencontre encore quelques-uns de ces publiphones, plus ouverts que les cabines téléphoniques aux parois de verre, dont on se demande qui les utilise encore : mais l’iPhone était contenu dans leur nom comme le ver dans le fruit.

On avait l’impression, au début de leur lancement, que la confidentialité des conversations, livrée en pâture aux passants, n’était plus assurée. Aujourd’hui, qui se soucie le moins du monde de raconter sa vie en public à son portable dans la rue, dans le métro, dans le bus, dans le train, dans un taxi, dans un café ou un restaurant, dans une salle de spectacle – de préférence avant que celui-ci ne frappe les trois coups ou n’éteigne les lumières – ou bien dans l’ascenseur ?

La parole est suffisamment sophistiquée pour employer des codes, des circonvolutions, des pseudos ou des allusions pour éviter les oreilles trop indiscrètes. Edward Snowden is away.

S’agirait-il alors du simple plaisir déguisé de faire partager un moment de convivialité ? Après tout, il suffirait de connaître le numéro du téléphone en action (il faudrait juste qu’il s’affiche de manière lisible) pour s’introduire dans la conversation.

Idem pour les vélos : ils se sont mis à fourmiller avec les Vélib’ (à Paris ou dans les grandes villes sous d’autres appellations). Mais les tandems manquent un peu, non ?

Une musique de dérailleurs est pourtant multipliée par deux sur ces engins néolithiques ou à partir d’autres véhicules de transport, matériels ou mentaux.

PubliPhone1_DH

PubliPhone2_DH

PubliPhone3_DH

PUbliPhone4_DH(Ces photos, prises le 24 juin au bassin de la Villette, sont agrandissables.)

(Jeff Beck, Hi Ho Silver Lining)

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19 réflexions sur “(publ)iPhone

  1. brigetoun dit :

    savouré chaque mot (ô combien) et les photos
    merci – m’avez donné sourire

  2. @ brigetoun : jeudi, jour des jeux !

  3. gballand dit :

    La rue est un musée vivant 😉 Ce fait de passer du désir d’intimité au « déballage » public est étrange…

  4. @ gballand : Les sociologues y verront sans doute un comportement quelque peu « téléphoné ».

  5. Cette bicyclette coupée en deux qui perce le mur comme Harry Potter est effrayante et pathétique à la fois… En fait ce mythe de la vélo-cité est un plaisir à double face, avec un rétro-goût qui nous lance facilement dans les territoires redoutables de la nostalgie.

  6. @ biscarrosse : tout vélo (sauf celui du clown) a deux surfaces…

  7. Les cabines c’était « la confidentialité », contre « la claustrophobie » (et « la protection » contre « le sentiment d’enfermement »). Sans compter « la visibilité et la disponibilité », pour France Télécom, contre « la discrétion et l’intégration dans le décor », pour les communes !
    J’te dis pas !

  8. godart dit :

    La chaîne de protection de ce magnifique vélo jaune résistera t-elle au  » ladri di biciclette »?

    • @ godart : la seule garantie de ne pas se faire piquer son vélo (surtout quand il attire autant l’œil) est de rester dessus en permanence.

      • godart dit :

        Solution radicale à devenir  » timbré « , à moins de pédaler utile en s’inscrivant au départ du prochain Tour de France sous la bannière  » la Banque Postale « .

        @ godart : ne pas oublier alors de prendre quelques « vitamines » pour affronter l’Aubisque et le Ventoux ! D.H.

  9. Désormière dit :

    J’aimais bien les cabines téléphoniques : « Allo, c’est moi. J’ai raté le train de 16h20. Je prends le suivant…. Ah non, pas celui-là, il s’arrête partout, non : celui de 20h. » Je ne sais pas pourquoi, mais le portable devenu une extension de soi, enlève toute théâtralité à nos actes. Ce qui est tout de même, y compris dans les plus petites choses, le sel de la vie.

    • @ Désormière : oui, mais alors c’est comme si vous compariez les trains à motrices BB avec compartiments, filets à bagages et photos encadrées… et les salles de classe des TGV.

      Chacun peut toujours se faire son cinéma ou son théâtre, seules les scènes changent…

      • Désormière dit :

        Vous avez raison. Pour que les scènes changent, il faut donc changer d’accessoires et de schémas. Ou simplement trouver ailleurs de quoi distraire le quotidien.

  10. @ Désormière : ==== ( ) ====

  11. PdB dit :

    il reste à belleville quelques cabines où s’abritent sans-abris, et autres miséreux, gueux réprouvés … Au moins avaient-elles cette qualité…

  12. @ PdB : En effet, il suffit de grimper la rue du Faubourg-du-Temple, en croisant la petite rue magique qui porte le nom de Robert Houdin…

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