Le film d’Olivier Assayas, « Sils Maria », est tout simplement admirable

Je ne cesse d’y repenser depuis que je l’ai vu (marque de réussite), le mercredi 20 août au cinéma Louxor à Paris, avec présentation par son réalisateur (qui a également écrit le scénario, sur une idée de Juliette Binoche).

Le film d’Olivier Assayas, Sils Maria (du nom du village suisse) est tout simplement admirable.

Assayas1_DH

Ensuite, j’ai lu des critiques élogieuses mais entendu pourtant, samedi dernier, sur France Inter, les petits quolibets de Fabienne Pascaud, (Télérama) et de Nicolas Ungemuth (Le Figaro Magazine).

Cependant, je n’ai pas voulu écrire ici le centième article sur le sujet (ni résumer l’histoire jusqu’à l’image finale), j’ai juste listé des mots qui valsent dans ma tête comme dans le Val Fex, défilent dans mon souvenir ou avec les correspondances qui s’y agglomèrent – en compagnie de l’étrange et extraordinaire serpent nuageux donnant sa colonne vertébrale à ce chef-d’œuvre cinématographique.

ambiguïté

jeux de rôles

rôle du jeu

drôles de jeux

miroirs/tain

dédoublement

comédie/tragédie

regards/perspective

théorie de la représentation

mise en scène

amour caché/ouvert

jeunesse/vieillesse

âge/art

le temps/l’attente

rides/maquillage

feux de la rampe

contrats/mondanités

divorce/deuil

roman/SF/pièce

people/paparazzi

train/tremblements

compartiments

couleurs de montagne

chaussures de randonnée

lac/baignade

Colère/rire irrépressible

Compétition/double jeu

tablettes (numériques)

téléphones/SMS

paysages/visages/nuages

sentiers serpentant

théâtre/cinéma

« Éternel retour »

haute Engadine

air pur/lumière

panorama/panoramiques

Friedrich Nietzsche

La Montagne magique 

Juliette Binoche

Kristen Stewart

Chloë Grace Moretz

enchantement/beauté

cimes/similitudes

Clouds of Sils Maria

hôtel Waldhaus

Internet

Skype/sky

horizons de coton

abîme/mise en abyme

disparition

voitures de luxe

phares dans la nuit

alcool/cigarettes

serpent de Maloja

Assayas2_DH(Les deux photos peuvent être agrandies.)

Tagué , ,

32 réflexions sur “Le film d’Olivier Assayas, « Sils Maria », est tout simplement admirable

  1. brigetoun dit :

    de l’ensemble de ce qui se disait sur Inter hier soir (pour une fois j’écoutais) j’ai surtout tiré une envie de voir
    mais votre liste de mots est plus efficace pour cela qu’une critique

  2. @ brigetoun : Pas écouté… Vous avez ouvert le lien « Nietzsche » ?

  3. nanamarton dit :

    J’étais étonnée que vous n’en parliez pas !

    Je comptais le voir ici, « en province », mais le seul cinéma vient de faire relâche pour deux semaines et je doute qu’il soit programmé à la rentrée.
    Je ne lis quand même pas vos mots (et merci de ce bref aperçu, qui laisse, à tous ceux qui aiment ça, entier le plaisir de la découverte), je les lirai quand j’aurai réussi à le voir, pour un autre plaisir, celui de comparer impressions et ressenti.

    • @ nanamarton : J’étais coincé par mes photos de prison.

      C’est bien là le paradoxe que vous soulevez car je m’étais aussi interdit de lire toute critique avant d’aller voir ce film et j’ai mis ici – en plus de mes quelques « mots » – des liens vers des articles où tout est dit et retourné sur le gril.

      Donc, passez tranquillement votre chemin, en attendant la sortie du film… en DVD !

  4. godart dit :

     » Louxor, j’adore « , j’irai ici ou ailleurs les yeux fermés pour les ouvrir lorsque le film commence.

  5. Francesca dit :

    Mieux vaut en effet laisser dire et écrire les fâcheux, sans bouder son plaisir !
    J’ai cependant moi aussi parfois trouvé un peu emphatiques les phases musicales mais c’est un détail. J’ai sur le moment jugé peu naturels les éclats de rire de Juliette Binoche mais c’est évidemment le jeu demandé par le réalisateur.
    Merci du lien sur le haut lieu de Nietzsche car j’ignorais que l’hôtel avait abrité la famille Frank…

    • @ Francesca : je pense que la musique s’accorde avec la grandeur des paysages, et les éclats de rire de Juliette Binoche renvoient à la distance qu’elle met avec son personnage (puisqu’elle est comme ça au naturel).

      Concernant Anne Frank, elle a habité durant deux étés chez « des amis de sa famille » (version du livre de 2006) ou chez sa tante française – mais pas dans le célèbre hôtel, montré dans le film, qui devait être déjà très cher à l’époque.

  6. Merci pour ce fleuve de mots qui montent doucement comme le fleuve de nuages dans cette vallée, et pour tous les liens qui aident à patienter, avant que l’on puisse partager votre plaisir et le voir aussi.

  7. En me laissant transporter par les multiples suggestions de ce commentaire-récit, structuré autour de mots clés très efficaces, je dirais que ce film rentre dans une nouvelle vague cinématographique qui interprète fidèlement le monde contemporain sans oublier l’histoire du cinéma avec ses indispensables ambiguïtés. Du moins c’est ce que je ressens après avoir lu-vu en avant-première cette œuvre à travers tes mots envoûtants et rêveurs… Merci et ciao depuis un matin de pluie en Bretagne !

    • @ biscarrosse : oui, ce cinéaste a toujours « contextualisé » ses films (il ne s’agit pas d’une critique vue par son regard, mais d’un constat sur l’évolution du temps).

      Ici, il pleut aussi : la Bretagne à domicile ! 🙂

  8. Dom A. dit :

    Avec un tel adjectif, on va se précipiter ! (heureux de voir que ce séjour prolongé en prison a bien fait de toi un récidiviste)

  9. PdB dit :

    Quelle dithyrambe…! Sans doute ton goût pour la philosophie… :°)) Et en effet, le film est emporté par une Juliette Binoche, formidable et humaine (par contraste, sa première assistante fait figure de glaçon : l’effet est à son comble) (un peu trop de manières, à mon goût) (et un peu trop de longueurs sur le serpent nuageux…) (vu au Louxor, en salle 2, en bas, pas si mal en même temps..?.)

    • @ PdB : Kristen Stewart est parfaite dans son rôle (la seconde assistante n’a aucune présence, d’ailleurs elle joue cette situation par contraste).

      Et la longueur du serpent est calculée au millimètre près.

      Salle 2 : oui, mais cela signifie que déjà on réduit la surface d’exposition du film.

  10. PdB dit :

    Pour la salle 2, je crois que c’est parce que, lors de la séance que tu as suivie, il y avait là son altesse Assayas en personne et qu’il ne se pouvait pas qu’il fut reçu en sous-sol (son ego en aurait peut-être probablement certainement souffert) (ahahah) (à mon goût, il y a trop de serpent, ça en fait un truc marin) je ne crois pas que les assistants aient un rôle second, falot ou inutile et je ne vois pas pourquoi elle n’aurait aucune présence : c’est peut-être ce qui, pour moi, déconsidère et le film et le rôle de la grande actrice qui ne prend dans ses bras son assistante que lorsque celle-ci veut s’en aller, il y a là quelqu’inhumanité (sa disparition est, elle aussi, vouée à la magie comme si elle n’avait pas existé, et devait être remplacée et donc était interchangeable)

  11. @ PdB : tu prends Assayas pour quelqu’un de prétentieux (« son altesse ») alors qu’il est la simplicité même.

    La grande salle était nécessaire pour accueillir tous les spectateurs et cinéphiles (au point de déborder sur le boulevard de Magenta lui-même) qui sont venus pour l’écouter avant de regarder son film.

    Non, il n’y a pas trop de serpent (ou alors tu n’as pas compris la symbolique).

    Les assistantes n’ont pas du tout un rôle second(aire), la première est en quelque sorte le double de Maria (comme Sils Maria) Anders, et la seconde le double de la première.

    La « grande actrice » noue une relation non-dite avec son assistante (la première) et sa disparition lui donne un coup : cette béance introduit justement un mystère de plus dans le récit (comme si le serpent avait aspiré lui-même l’autre actrice).

    Il y a d’ailleurs beaucoup d’humanité dans les rapports entre elles : le remplacement de l’assistante n’est pas la preuve qu’elle est « interchangeable », mais que « la vie continue », comme après le décès de l’écrivain, malgré tout.

  12. PdB dit :

    Ah bah, chacun voit et entend ce qu’il peut…

  13. PdB dit :

    ah il se passe quelque chose ou on reprend les mêmes comme d’habitude ? :°))

  14. Désormière dit :

    Aïe ! J’arrête de lire les derniers commentaires : j’ai peur de trop bien comprendre les relations entre les personnages. La liste est formidable et il faudrait être de bois si l’on ne courait pas voir le film. J’irai donc. J’ai également évité de lire les 15 derniers posts : moi aussi, le mois prochain, j’ai l’intention d’aller me rendre à la prison… Ce sera un tel plaisir ensuite de me libérer et revenir ici regarder vos photos !

    • @ Désormière : le mieux serait certes de ne rien lire pour avoir le plaisir de la pure découverte (mais quand même juste connaître l’existence de ceci ou cela).

      Allez au cinéma et à Avignon !

      • Désormière dit :

        En effet, votre blog pourrait s’intituler : « Belles incitations » (un peu nunuche comme titre mais assez juste).

  15. @ Désormière : « Incitation au crime, à la débauche »… aurait peut-être plus de lecteurs !

  16. Pontius dit :

    Kristen Stewart et non pas Christen Stewart.
    Autrement, c’est une liste de mots bien plus percutante qu’une longue critique. Bravo!

  17. Marie dit :

    Merci de nous avoir incités à quitter la campagne pour une de ces petites villes où une équipe motivée fait vivre un cinéma d’art et d’essai. Film éblouissant. Liste de mots qui dit tout, j’y rajouterais pour le plaisir de débattre anorak, Mankiewicz ou Bette Davis et googleliser…

  18. @ Marie : vos mots peuvent se joindre tout naturellement à ceux, un peu épars, indiqués ici. Mais il est rassurant de savoir qu’il existe encore, ici ou là, des cinéphiles qui peuvent diffuser des films de ce niveau !

  19. […] au fur et à mesure que l’on grimpait à pied : elle m’a fait penser au film impressionnant Sils Maria, d’Olivier […]

  20. […] « comédie » du cinéaste et on pense alors à l’un de ses derniers films, Sils Maria, qui panoramiquait dans les hauteurs voire vers une certaine métaphysique, alors qu’ici on se retrouve au ras des pâquerettes du […]

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