Jazz dans la mobilité nocturne de la ville

Plaisir de la conduite de nuit en voiture dans la ville : tous les feux sont au vert puis au rouge, les squales glissent lentement sur la droite, les petits poissons sur la gauche, les bâtiments sont allumés comme en plein jour, le soleil est dans de beaux draps,  Valérie Trierweiler dort sous sa couverture mille-feuilles bientôt retirée, le noir laisse passer les illuminations, le bruit se tient coi à l’extérieur, le volant plane entre les mains, les roues ne patinent pas, la destination s’est perdue en chemin, le GPS oblige le regard à quitter la route pour le dessin de sa trajectoire programmée (ce qui n’est pas prudent), mais la voiture obéit au doigt et à l’œil, l’habitacle est un beau nom identique à celui d’un avion, les phares n’éblouissent pas en face, tout est bien réglé, les catadioptres empêchent les catastrophes, le trajet se déroule comme sur un tapis d’Orient, je sens ses franges me caresser le visage, mais le virage soudain n’est pas traître (la voix féminine du robot l’a pré-annoncé il y a quelques secondes), les « belles de nuit » sont des fleurs (parfois de trottoirs), Belle de jour c’était Catherine Deneuve et Luis Buñuel, le klaxon et le saxophone pourraient jouer un couple de jazz, et l’immatriculation, là, juste devant, il ne peut s’agir, cette fois-ci, que d’un signe amical envoyé par Donald Harrison sans doute passé ce soir « souffler » au New Morning.

 Donald Harrison_DH(Photo prise à Paris le 3 septembre à 23:30. Cliquer pour se rapprocher de l’auto.)

(Donald Harrison, The Magic Touch)

Tagué , , , , , , , , ,

19 réflexions sur “Jazz dans la mobilité nocturne de la ville

  1. gballand dit :

    Valérie T côtoie les belles de nuits, ces éphémères qui ne fleurissent que pour mieux disparaître. Sans doute appréciera-t-elle ? 😉

  2. brigetoun dit :

    comme un poème – et maintenant j’écoute

  3. Rouges éclats qui dansent et caresse saxophonique, voilà un dimanche qui commence bien agréablement !
    Vous faites la collection des voitures immatriculées DH en plus de vos petits merveilles miniatures ?

  4. Dans cette « douce dérive » nocturne, où le volant plane comme dans un rêve, la chose la plus redoutable est ce GPS parlant. C’est la plus intrusive des inventions contemporaines, celle qui nous donne le coup de grâce dans ce dessein pervers de nous faire perdre tout à fait l’orientation…

  5. Francesca dit :

    Grand plaisir que la conduite de nuit dans un Paris débarrassé d’encombrants encombrements diurnes !

  6. les cafards dit :

    ahhh belle de jour ! Que de frissons !

  7. les cafards dit :

    et bien vu l’analogie avec les poissons

  8. Gilbert Pinna dit :

    (… et vous avez croisé des poissons lune ?…)

  9. Zoë Lucider dit :

    Et pas de sirènes ?

  10. @ Zoë Lucider : elles nagent dans la Seine.

  11. nanamarton dit :

    Et pour parler un peu musique… : le début de The magic Touch ressemble incroyablement à une composition Fagen/Becker de Steely Dan !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :