les cavalcades se chevauchent

le cil se ferme

comme un ciel libre

sous la louve des songes

au regard nuageux qui transperce le silence éclatant

d’un pas sans la faux

indifférente aux astres disparus

les escogriffes se rapprochent en groupe

le vent du Sud déracine les certitudes

le simoun court le marathon des sables

l’espace zoome et résonne

tandis que des tambours galactiques

cadencent les horizons barrés

des traînées d’avions

la mer s’inverse en hauteur

les navires volent au long cours

reste-t-il seulement un centimètre carré

d’inutile

les cavalcades se chevauchent

les palefrois resplendissent

dans la lumière d’automne

jaune ou rouge

par terre ça craque ça crisse ça croque

elles nous rendent nerveux ces feuilles

non numériques

un semi-remorque klaxonne boulevard de Magenta

musique trombone d’un film US

voilà des piétons bien imprudents

le bitume serait leur linceul ombré

si Dieu était méchant

mais il mâche tranquillement

du chewing-gum Hollywood

à la chlorophylle

hauteur 14.10.14_DH(Photo prise hier à Paris. Cliquer pour agrandir.)

Tagué ,

14 réflexions sur “les cavalcades se chevauchent

  1. brigetoun dit :

    et pour notre bonheur
    le poète vient s’écrire

  2. gballand dit :

    cette « louve des songes » est un plaisir pour l’oreille comme pour l’imaginaire

  3. Dans ce monde que le climat, la politique et les mauvais architectes mettent sens dessus dessous, l’artiste — sans papiers physiques sur quoi déverser au jour le jour ce qu’il éprouve et ce qu’il comprend (d’importance vitale même si par bribes,fragments ou éclats) — se sent de plus en plus déchiré et tiraillé par ce combat entre l’intelligence de la vie et le délire d’omnipotence vis-à-vis des moyens d’observation et d’enregistrement des phénomènes contradictoires qui le touchent jusqu’à l’intime, jusqu’au paroxysme..
    Et cetera.
    (Tout cela pourrait exister dans ce monologue, mais après c’est de la poésie, qui voltige libre, tout en s’abreuvant aux sources ancestrales d’une louve métropolitaine…)

  4. Francesca dit :

    On tombe dans ce panneau qui laisse coi…

  5. @ Francesca : se raccrocher aux nuages…

  6. Alex dit :

    La louve des songes – guette mes rêves – tapie dans le zodiaque –
    Ses yeux mi-clos – cillent des nuages – dans le ciel irisé –

  7. J’apprécie beaucoup ces vers qui « zooment » dans l’espace « sous la louve des songes… »

  8. Dieu a troqué ses Havanes pour des chewing-gums à la chlorophylle ?
    Décidément ce monde a perdu tous ses repères !
    Je me demande ce que Gainsbourg aurait pensé de tout ça…

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