To Havre and Havre not (3)

La situation géographique splendide du Musée d’art moderne André Malraux (MuMa) du Havre joue son rôle de réflection, de duplication vers le grand large pour chaque exposition : c’est le cas bien sûr pour celle (jusqu’au 9 novembre) intitulée Nicolas de Staël. Lumières du Nord. Lumières du Sud.

La transparence du bâtiment muséal accueille avec abondance la lumière et la renvoie sur les œuvres présentées, qui bénéficient ainsi d’une sorte d’air marin perpétuel, d’embruns délicats qui semblent envelopper les toiles et leur donner, si nécessaire, une dimension encore plus océanique.

Il est particulièrement frappant que Nicolas de Staël ait d’ailleurs peint des vues de Dunkerque, de Calais, des bateaux, comme aussi bien la route d’Uzès et des paysages du Midi ou méditerranéens baignant dans le soleil.

Ses pinceaux et couteaux (que l’on peut voir comme collés dans deux petites valises) ont su capter les brumes ou les éclats au fur et à mesure de ses déplacements jusqu’à la fin choisie, à Antibes, de son parcours pictural et vital.

« Carte postale

10 juin 1952

 

Où es-tu cher Nicolas ?

Je n’ai pas ton adresse. Je me console en songeant que tu n’es pas perdu, mais peut-être simplement heureux. Espérer cela, le croire, est bien.

 

Ton René Char »

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MuMa2_DH(L’image ci-dessus en cache une autre.)

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MuMa10_DH(Toutes les photos peuvent être agrandies.)

[ ☛ à suivre ]

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36 réflexions sur “To Havre and Havre not (3)

  1. gballand dit :

    Vous êtes la deuxième personne à parler de cette expo, je crois que je vais prendre le train pour un voyage vers le large…

  2. Alex dit :

    Grand peintre.

  3. lanlanhue dit :

    magnifiques tableaux ! A défaut d’y aller, je le admire d’ici… Merci Dominiquue

  4. @ lanlanhue : c’est juste un aperçu plus ou moins net, les voir comme une invitation pour d’autres présentations ailleurs (catalogue, livres, sites…) !

  5. nanamarton dit :

    Vos images respirent le large… et les toiles de Staël sont tout étriquées, comme tronquées, et en tous les cas dénaturées dans leurs lourds cadres sombres !
    je me suis toujours demandé qui choisissait les encadrements dans les musées et pourquoi ne pas laisser l’oeuvre libre ?
    je créérais bien un FLAL (front de l’oeuvre à l’aise) : vous adhéreriez ?

    • Alex dit :

      Les cadres servent d’abord à protéger le tableau lors de manipulations, et ils renforcent le châssis.
      Un tableau est habituellement petit pour pouvoir être accroché au mur d’une maison normale. On peut ensuite vivre et dialoguer ensuite avec.
      La mode est aux œuvres gigantesques, mais inutiles car impossible à caser.

      • nanamarton dit :

        ces oeuvres gigantesques sont souvent des commandes institutionnelles, non ?
        et puis, je n’avais pas songé que l’artiste se plierait à ces contingences : peindre petit pour être casé.
        j’abandonne donc mon idée de FLAL pour celle de FCSI, le front pour le cadre solide et invisible !

  6. @ nanamarton : non, on s’approche du tableau et on rentre à l’intérieur, on est hors-cadre…
    Je ne pense pas que ce soient les musées qui choisissent les cadres (et il faut se reporter à l’époque).

    Les toiles de certains peintres contemporains ne sont pas encadrées du tout.
    Mais votre FLAL, ce serait encadrer une idée qui justement n’en demande pas !

  7. Dom A. dit :

    Le cheminement de cette correspondance, très littéraire, au ton parfois presque amoureux, est bouleversant.

    • @ Dom A. : il existe aussi un livre de Pierre Daix (en plus de celui montré sur la photo cachée), mais pas uniquement sur la correspondance entre De Staël et René Char.

      Je recommande évidemment ton très beau billet que cette exposition, vue avant moi, a déclenché !

  8. nanamarton dit :

    C’est vrai pour le hors-cadre, c’est d’ailleurs ce que je fais souvent en visionnant des films sur mon MacBook, ce qui fait frissonner d’horreur les cinéphiles…

    • @ nanamarton : les cinéphiles sont les premiers à télécharger des films, alors…

      • nanamarton dit :

        je ne télécharge pas : je visionne DVD et autres diffusions gratuites en appelant de mes voeux une VOD de qualité, ce qui n’a pas l’air d’être pour demain…

        @ nananmarton : téléchargement ou VOD (il faudrait essayer Netflix !), cela n’agrandit pas la dimension de l’écran, à moins de brancher l’ordi sur la télé. D.H.

  9. Merci d’avoir bravé les interdictions pour faire goûter un aperçu fugace des couleurs de Staël aux provinciaux reculés en mon genre, et aussi pour la découverte de ce petit livre rose de correspondance poétique qui semble être un second trésor !

    • @ mchristinegrimard : tout est sur Internet mais tant qu’on n’en fait pas commerce…
      Oui, la correspondance entre Char et De Staël est étonnante : deux sensibilités extrêmes.

      • Comme je les aime !
        Merci aussi à D. Autrou et à vous d’avoir inséré le lien vers son article…

        @ mchristinegrimard : il était allé voir cette expo deux mois plus tôt mais je me souvenais de son « post » et des extraits de la correspondance Char/De Staël dont il l’avait parsemé. D.H.

  10. Parmi les nombreux parcours si agréablement suggérés j’ai particulièrement aimé la biographie explosive de Nicolas Staël, qui trouve d’ailleurs son Havre parfait dans les lumières de ce musée ainsi que dans les mots de René Char.

  11. @ biscarrosse2012 : J’avais regardé sur Wikipédia où l’expo havraise n’est même pas mentionnée : cette « encyclopédie » s’arrête à celle d’Antibes qui a eu lieu en septembre !

  12. brigetoun dit :

    bien dit et montré l’accord entre le musée ouvert sur la ville maritime et les toiles

  13. Alex dit :

    Nanamarton: les oeuvres gigantesques ne sont pas des commandes – d’ailleurs, si l’artiste est un créateur, il ne peut pas créer sur commande – il crée sa propre invention –
    L’artiste espère simplement que son œuvre soit achetée.

  14. Godart dit :

     » simplement heureux  » par cette belle balade.

  15. Francesca dit :

    J’aime particulièrement ta photo sur … l’interdiction de photographier qui m’a été rappelée lors de ma seconde tentative. J’avais juste réussi à faire face à la grande photo de Nicolas et à chiper, comme toi, son « Face au Havre ».
    Je comprends qu’un musée préfère que le public paie pour voir une expo et en acheter le catalogue plutôt que de faire circuler des photos… Mais cette peinture -magnifique- vient d’une collection particulière, alors en quoi une photo pourrait-elle nuire à l’heureux propriétaire ? Peut-être quelqu’un a-t-il une explication acceptable.

  16. @ Francesca : En fait, les photos n’étaient pas interdites pour cette expo : j’avais d’abord pris quelques clichés avec mon téléphone Samsung mais j’ai été demander ce qu’il en était réellement à une surveillante. Elle m’a dit que c’était autorisé pour un usage privé. J’ai donc été rechercher mon appareil photo (un peu plus intelligent).

    Certes, les directeurs de musées préfèrent que les visiteurs achètent le catalogue (mais là il n’y en avait plus, alors que l’expo se termine seulement le 9 novembre !) et des cartes postales.

    Quant à ce qui peut circuler sur le Web – questions de droits d’auteurs, comme si l’on allait revendre ces reproductions plus ou moins… nettes – s’ils veulent se mettre en chasse, bon courage !

    Mais une récente directive du ministère de la Culture semble avoir considérablement ouvert le champ photographique dans ces lieux.

  17. Francesca dit :

    Ah, merci ! En Juin, on a dû tomber sur un gardien trop zélé. Je retourne voir cette belle expo la semaine prochaine ; s’il ne pleut pas, pour que ces lumières restent… lumineuses ! Nous prendrons des photos, à notre seul usage ; ou à transmettre à quelques amis.

  18. Désormière dit :

    Staël, à lui seul a fait découvrir le MUMA (Musée André Malraux), Le Havre, les jardins suspendus, le chantier du Volcan, l’Avenue Foch, la Porte Océane … certains sont même allés se perdre dans les quartiers du port, inconnus de la plupart des Havrais. L’art parfois entraîne de bien inattendues conséquences et quand il s’agit du plus émouvant, du plus fougueux, lumineux des artistes, on se dit que les rencontres improbables sont toujours possibles et heureuses.

    • @ Désormière : j’avais découvert… Le Havre (où je n’avais fait que passer une fois pour embarquer vers l’Irlande), effectivement, grâce à la visite de ce musée, c’était en novembre 2012.

      L’expo Nicolas de Staël mérite tous ces prolongements…

  19. Est-ce que l’expo reprend celle qui était passée à Pompidou il y a quelques années, ou ?

    • @ Christine Simon : je pense qu’elle est différente puisque thématique (il n’y a pas, par exemple, les joueurs de foot…). Ce n’est pas une rétrospective.

    • Désormière dit :

      Cette exposition est différente. Elle célèbre le centenaire de la naissance de Nicolas de Staël. Elle a trouvé sa source grâce à une donation faite au musée André Malraux (Antibes, 1955). Le musée a donc réalisé une exposition sur le paysage et la lumière, en rassemblant les tableaux du Nord et du Sud, peints dans les dernières années de la vie du peintre.

  20. Très heureuse de revenir avec toi dans cette exposition tellement aimée quand je l’ai vue dans ses premiers jours en juin (je n’avais aucun souvenir de l’interdiction de photographier). J’avais raconté moi aussi ma visite.

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