Par une belle après-midi automnale et parisienne affichant 19°C ou 20°C [2/2]

Quand je sors du cinéma, j’ai encore dans la tête les photos en noir et blanc de Sebastião Salgado : ici, boulevard Beaumarchais, tout semble tellement plus pacifique même si la végétation est soigneusement encadrée.

Le soleil (il n’est que 17 heures 15) commence à se mettre sous la couverture, le soir apparaît déjà, les voitures ont leurs phares allumés mais il est vrai que c’est automatique, et je repère ce camion-grue au nom emblématique.

Toujours à regret, je constate que la grande boutique d’appareils photo argentiques, sur le trottoir de droite en remontant vers la place de la République, a été remplacée par un marchand de vin, mais j’imagine une cuve, entre le révélateur et le fixateur, qui contiendrait 75 cl de Châteauneuf-du-Pape comme « bain d’arrêt », de manière à donner une coloration rouge et subtile à des épreuves papier en cours de développement.

Le musée Picasso doit maintenant attirer la foule, depuis sa réouverture : de l’autre côté de l’affiche, se tient, comme une invite à passer à l’acte créatif, le magasin Rougier&Plé (hélas, ce cliché est trouble, mon petit téléphone Samsung se montre très capricieux dès que la lumière baisse).

Plus loin, devant une station de métro sur l’itinéraire qui file tout droit, une fille semble attendre quelqu’un : j’espère pour elle que cela ne tournera pas au calvaire.

La nuit est maintenant tombée, sans se faire bobo. Elle sait, depuis le temps, amortir sa chute (comme en judo) renouvelée à l’infini.

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Wenders18_DH(Les photos ne nécessitent pas un agrandisseur à l’ancienne.)

(The Modern Jazz Quartet, Animal Dance)

 [ ☛ FIN ]

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14 réflexions sur “Par une belle après-midi automnale et parisienne affichant 19°C ou 20°C [2/2]

  1. brigetoun dit :

    oui, une larme sur la boutique d’appareils photos, mais la boulangerie est toujours là, et je lui dis à bientôt
    et puis j’aime votre texte qui me rappelle tant de fin de journées de loisir dans ce coin

  2. @ brigetoun : heureusement, il reste encore des amateurs d’argentique et donc des boutiques pour satisfaire cet autre vice impuni.

  3. lanlanhue dit :

    Merci des photos qui font réhabiter le quotidien.

  4. @ lanlanhue : un quotidien parfois brouillé… (on dira que c’est un effet de style !).

  5. Picasso aurait rêvé de ce magasin de couleurs lorsqu’il n’avait pas les moyens de s’acheter des toiles et recouvrait ses œuvres plusieurs fois. Par la suite, ce qu’il nous a laissé fut plus précieux que l’or, merci pour la photo de cette affiche.

  6. @ mchristinegrimard : merci… même si l’affiche semble ici quelque peu « impressionniste »…
    C’est le rapprochement avec Rougier&Plé qui m’a amusé mais la définition photographique de mon téléphone laisse nettement à désirer !

  7. Alex dit :

    À l’emplacement du boulevard Beaumarchais se trouvait l’enceinte de Charles V. On y ressent bien des fantômes. Les photos prises entre chien et loup, ne font que ressortir le charme mélancolique du quartier.
    Heureusement on a gardé la boulangerie. Jusqu’à il y a 50 ans, les artistes peintres, qui ne vivent pas tous de leurs toiles, gagnaient leur vie en décorant les boutiques de Paris, et ce dans tous les quartiers de notre bonne ville.
    Quel plaisir alors de se promener !
    Comme aurait pu le dire Charles Cros, et si au lieu de dégringoler par le bas, on dégringolait par le haut ?
    Il n’a pas fait si chaud depuis 100 ans, dixit Mme Météo.

  8. Cet aimable Charles Cros peut encore faire tourner la tête comme un 33 tours…

  9. « …j’espère pour elle que cela ne tournera pas au calvaire », je partage tout à fait cette attention… paternelle !

  10. PdB dit :

    MJQ : parfait avec ces métropolitains crépuscules…

  11. @ PdB : « Animal Dance » renvoie à la tête fabriquée par Picasso…

  12. Elle est magnifique cette boulangerie, la porte ouverte invite les chalands qui passent à entrer.
    Et puis juste là, juste à côté il y a cette femme assise sous les soleils de cette belle porte.
    Repos ?
    Attente d’une main généreuse ?
    Une autre histoire dans l’histoire de tes déambulations parisiennes.

    • @ Defrançoisjose : oui, c’est une femme qui mendie (hélas, la photo est trouble), comme cela arrive de plus en plus souvent devant les boulangeries… ou les distributeurs automatiques de billets.

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