Archives du 20/11/2014

« L’Oranais », film partagé entre deux rives

Ce que j’aime au Louxor, c’est avant tout la salle Youssef Chahine, la plus grande, et le plaisir d’être au balcon, tout en haut (quand il n’y a pas trop de monde).

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Le film L’Oranais, de Lyes Salem, se déroule un peu d’une manière attendue : la lutte pour l’indépendance de l’Algérie puis l’après-Révolution, dans les années 70, et ses compromissions, tandis que se greffe au récit la recherche de l’identité aussi bien nationale que celle, individuelle, d’un garçon aux cheveux blonds de « Francaoui » (le jeune acteur arbore un faux air de Leonardo DiCaprio), né du viol de la femme d’un des héros nationaux devenu ministre.

Si le scénario est habile – l’utilisation du flash-back embraye avec fluidité – la réalisation ne frappe pas par son originalité et l’un des deux principaux personnages, interprété par le cinéaste lui-même, roule un peu trop des yeux, alors que l’autre, joué par Khaled Benaïssa, crève l’écran sans forcer. La séquence montrant une pièce de théâtre à la gloire des combattants du maquis paraît interminable, de même que la fin « heureuse » ressemble à un artifice imposé par le producteur.

En revanche, les décors, la musique et la reconstitution de l’époque sont impeccables : 4 cv, 203, 403 ne manquent pas à l’appel.

Malgré ces quelques réserves, L’Oranais, film partagé entre deux rives, dégage, avec un rythme entraînant, une réflexion politique subtile, rare dans le cinéma algérien, sur les tiraillements internes d’une caste au pouvoir quand celui-ci est censé représenter le peuple libéré du joug ancien.

Oranais2_DH(Les deux photos, prises hier, sont agrandissables.)

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