Les sciences (et la photo) sont-elles « exactes » ?

Entre un stationnement près de la fac d’Évry (Essonne), hier, puis celui, une fois la nuit prématurément tombée, en face du Monoprix sis au  numéro 164 de la rue du Temple à Paris (3e), je me suis posé toujours la même question : les photos peuvent-elles se passer de « légendes » ou pas ?

Si l’image se suffit à elle-même, pourquoi lui rajouter un descriptif (!) ou un commentaire ou un titre qui ne ferait que redoubler l’impression qu’elle est présumée dégager à elle seule ?

La formulation « sans titre » est sans doute alors la plus adéquate, en dehors de quelques indications de date, lieu, à propos ou renvoi éventuel à d’autres clichés antérieurs.

Ici, je lance juste quelques idées visuelles d’une journée déjà passée.

Les sciences (et la photo) sont-elles « exactes » ? Mais, après tout, peut-on les comparer ?

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sciences8_DH(Photos du 23.11 : bouger = élargir les perspectives.)

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21 réflexions sur “Les sciences (et la photo) sont-elles « exactes » ?

  1. brigetoun dit :

    sans titre, oui mais si on croit qu’elles se suffisent… oui elles le font mais leur sens est ouvert et ingouvernable – c’est porte ouverte pour les regardants, cadeau fait, mais cela ne permet pas vraiment de Dire, sauf évènement fort, et encore..
    ceci dit j’aime bien

  2. @ brigetoun : la photo doit-elle « dire » ? Elle montre, et c’est à chacun de dire…

  3. Dans un film d’Indiana Jones (peut-être Les Aventuriers de l’arche perdue), Harrison Ford, au cours d’une fuite rocambolesque, au lieu d’utiliser une arme quelconque pour essayer d’arrêter ses poursuivants, actionne son appareil photo de façon tellement inattendue et humoristique que ceux gens-là s’arrêtent, étourdis. Et le public rit, prenant une pause. Voilà une valeur éthique antimilitariste de la photo qui peut briser une action en devenant une arme à son tour. Un canon fleuri. Une photo, chaque photo est alors une deuxième réalité qui s’ajoute dialectiquement à la réalité qu’elle reproduit ou représente.
    Nous sommes d’ailleurs, aujourd’hui, dans une post-modernité en pleine décadence, ou alors dans une époque où l’on ne s’émerveille plus de rien. Donc les commentaires ajoutant aux photos un « quid » de scientifique (donc de relatif, amenant la saveur du doute)… sont de plus en plus indispensables (comme les guides rouge et bleu du métro parisien)

  4. @biscarrosse2012 : ce n’est pas pour rien que des appareils photos ont comme marque « Canon » !

    Les commentaires ne sont pas des « légendes » (beau mot pour la photo en général, plus particulièrement de presse mais de plus en plus rare), c’est ce que « dit » ou pas l’image et l’impact qu’elle a ou non sur celui ou celle qui la regarde.

    Tu me fais penser à cette formule célèbre que l’on entend dans le film, revu récemment, « L’Homme qui tua Liberty Valance » : « Quand la légende dépasse la réalité, on publie la légende ! »

  5. Godart dit :

    No comment

  6. Alex dit :

    Toutes les photos sont plus ou moins « parlantes ». Chacun interprète à sa façon.
    Mais connaitre la pensée du photographe, par quelque commentaire, suscite un dialogue entre l’auteur et le spectateur. C’est une forme de vie sociale, d’autant plus importante que l’individu est de plus en plus isolé dans la cité moderne.
    Les musées anglais expliquent le tableau, les musées francais le refusent.
    C’est nettement plus agréable de connaitre la pensée de l’auteur, sans avoir à se mettre en transe pour exercer ses dons de super-voyance extra-lucide, ce qui est aussi très fatigant.

    • @ Alex : Mais quand les commentaires ou les exégèses vont jusqu’à recouvrir ce que l’œuvre exprime (semble-t-il) d’elle-même, on atteint alors à une sorte de schizophrénie qui peut également faire mal à la tête !

      • Alex dit :

        Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement – Et les mots pour le dire arrivent aisément –
        Une phrase courte et claire, qui résume la pensée… Malheureusement beaucoup de gens n’en sont pas capables, même dans les musées, et un laïus obscur et interminable ne fait que masquer de l’ignorance.

        @ DH : vous avez inventé un jeu, jeter des photos au hasard sur le blog, et susciter nos réactions selon notre regard, auquel vous ajustez votre propre regard.
        Tous vos bloggers arrivent-ils à jouer ?

        @ Alex : il suffit de lire leurs commentaires ! D.H.

  7. PdB dit :

    Hier soir j’écoutais dans le poste (je faisais cuire des pâtes, dans lesquelles j’allais couper une tomate, épandre du basilic et de l’huile d’olive, enfin la routine) et il y avait là un photographe de presse (peut-être « le » : Patrick Chauvel) qui racontait l’histoire (c’est vers 19h30) que je vous narre: cet homme en voit un autre, en pleine guerre de Tchétchénie, dans une maison en ruine, lequel second homme, pieds nus sans chaussures moins 7 dans l’enfer bombardements etc etc… caméraman tchétchène qui filme (ce ne sont pas des photos, certes, mais ce sont des images) la guerre devant lui; le type lui dit « mais tu as le cache sur le truc là, sur l’objectif » le type lui dit « je sais mais je protège l’objectif », alors l’autre : « mais tu ne filmes rien… » , et l’autre : « oui, je sais j’ai pas de batterie non plus, mais je filme, c’est tout ce que je peux (ou sais) faire… » (ici ) : les photos sont toutes des légendes

  8. Bourdais dit :

    Je pense qu’une photo doit contenir ce pourquoi elle a été prise et qu’elle n’a pas besoin d’explication, ceci en général ou pour une photo « d’art ». Néanmoins certaines photos ont un sens (ou un intérêt) qui peuvent-être augmentés (comme un tableau de peinture d’ailleurs) avec par exemple un titre (LHOOQ), ou les conditions de prise de vue, ce qui peut-être le cas par exemple d’une photo de reportage de journalisme ou une photo scientifique. Mais bon…en général s’il faut 15 lignes au photographe pour « expliquer » ce qu’il a fait, valait mieux peut-être qu’il écrive un texte. Je n’inclue pas du tout là-dedans le ou les textes critiques ou commentaires que suscite une photo, et qui eux sont d’une autre nature. Bref… Une fois la photo prise et montrée à un public libre à chacun d’y voir ou d’y sentir ce qu’il veut. Comme souvent, il n’y a pas de vérité mais simplement des points de vue. De plus avec le temps, selon les cultures, la même photo peut prendre un sens différent…

  9. Je suis d’accord avec Brigitte : les photos avec l’arbre et la parois rouge, pour exemple, ont différentes significations (polysémiques) en fonction du point où nous sommes situés nous et l’appareil…

  10. @ claudiapatuzzi : Les points de vue dépendent aussi des vues (plus ou moins) mises au point… 🙂

  11. Aunryz dit :

    Les photos sont ex actes
    alors,
    quelques mots pour les y replonger …

  12. Zoë Lucider dit :

    Devrait-on toujours dire quelque chose d’intelligent quand on commente?

  13. @ Zoë Lucider : non, puisqu’il n’y a pas de « modération » ici !

  14. Je trouve cette question interessante, la photographie est mon métier, et je ne cesse de me la poser. C’est absurde car la photographie a tellement l’habitude du mot qu’elle ne semble plus pouvoir s’en passer. Pourtant, retirez le mot à l’image, elle ne cesse pas d’exister. Elle est un objet incompressible de ce qui a été, quelque soit la façon dont il a été.
    Je pense sincèrement que la photographie peut se passer du mot. Pensons l’inverse, est-ce qu’une photographie peut prendre le relai du mot? Quand le mot arrive en fin de parcours la photographie peut elle venir le légender? D’un coup ça rend le truc hyper méprisant non? Personnellement, je n’aime pas beaucoup ce rapport d’autorité que l’on attribut aux mots face au silence (angoissant?) de la photographie et je me plais a croire que oui, il existe un espace propre a la photographie ou l’on accepte de simplement recevoir l’image (le puctum?). Cela en ferait une experience plus personnelle et ne contredit pas le mot. C’est « juste » une experience différente qui commence au delà des limites du mot.

    • @ etrangesconnexions : vous avez raison, la photo est un art en soi qui doit parler seul (même si une « légende » peut lui apporter un prolongement, qui ne doit pas être redondant, comme un tableau avec ou « sans titre ».

      Le « punctum » final s’impose alors.

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