Photos à la volée

« Folle ou sage ? La Photographie peut être l’un ou l’autre : sage si son réalisme reste relatif, tempéré par des habitudes esthétiques ou empiriques (feuilleter une revue chez le coiffeur, le dentiste) ; folle, si ce réalisme est absolu, et, si l’on peut dire, originel, faisant revenir à la conscience amoureuse et effrayée la lettre même du Temps : mouvement proprement révulsif, qui retourne le cours de la chose, et que j’appellerai pour finir l’extase photographique. »

Roland Barthes, La chambre claire, Note sur la photographie (Cahiers du cinéma, Gallimard, Seuil, 1980, page 183).

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Volées6_DH(Photos le 25.11 à Paris. Cliquer pour agrandir.)

(Philip Glass, Escape !)

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20 réflexions sur “Photos à la volée

  1. brigetoun dit :

    j’allais quitter internet pour un temps, dépitée, en manque
    et ça aurait été dommage ! (mais me serais rattrapée plus tard)

  2. Francesca dit :

    Joli, ce demi-vélo qui conduirait en paix jusqu’à la lune…

  3. J’aime « à la folie » ces naufragés du temps (et j’en demeure « extasié ») !

  4. Godart dit :

    Sage, et sale la dernière couverture de Paris Match, folles et belles les photos qu’inlassablement vous nous proposez. Belle musique également, bien mélancolique, en accord avec les couleurs d’automne.

    • @ Godart : merci…

      Il est quand même amusant que ce soit le play-boy Arnaud Lagardère qui dénonce la dérive « people » de cet hebdo (ainsi que celle du JDD) alors qu’il s’est étalé lui-même dans toute cette presse (y compris par vidéo interposée) au bras, si l’on peut dire, de sa compagne !

  5. Zoe Lucider dit :

    La première est vraiment extraordinaire. La rencontre de ces bleus… Celle de la femme qui se déplace devant cette haie d’hommes hostiles…

    • @ Zoe Lucider : je ne crois pas qu’ils soient hostiles, ils font de la musique (certes leurs noms…).
      Mais j’avais remarqué surtout « Phantomrising » et « Scarecrow » !

  6. Alex dit :

    Roland Barthes n’a pas connu le smartphone et toutes les révolutions sociales qu’il a engendrées.De quoi écrire pas mal de livres.
    Quant à moi, je me promène sans réfléchir, j’ai tout-à-coup un flash, et toc je prends la photo. Je réfléchis après, je jette ou je garde.
    Nous avions la peinture gestuelle, nous avons maintenant la photographie gestuelle.
    D’autant plus extatique, quand on a débuté avec les laborieux appareils d’autrefois.

    • @ Alex : le smartphone représente la multiplication des photos (la démocratisation a existé lors du lancement des Brownie Kodak, pour garder des souvenirs de famille).

      Mais le Leica ou le Rolleiflex permettaient déjà de prendre des photos au débotté (« sans réfléchir » : on appuie sur le déclencheur avant et on découvre parfois après ce qu’il y a… sur l’écran).

      Les smartphones permettent de saisir des instantanés partout et à tout moment : le selfie retourne d’ailleurs la situation, c’est aussi la photo-souvenir à la minute (les Photomaton disparaîtront bientôt comme désormais les cabines téléphoniques).

      Roland Barthes analyse plutôt la photo comme trace du passé, du temps (avec une majuscule) que comme saisie du présent : elle semble constituer pour lui une sorte de mélancolie plutôt littéraire.

  7. Les naufragés du temps ont enfourché leur bicyclette, vers le pays des rêves. Seuls les initiés en votre genre, ont gardé en mémoire l’itinéraire. Ceci est la carte à suivre pour les rejoindre, à nous de savoir la décrypter, merci de nous avoir indiqué le chemin, ce matin !

    • @ mchristinegrimard : c’est en allant vers la porte Saint-Denis… le GPS intérieur me ramène souvent vers ce quartier.
      La ville demeure accessible à l’entrelacs de la réalité et des rêves. 🙂

  8. Alex dit :

    Photo n°2 : elle marche, la Parisienne, elle est en marche, la naufragée du temps, avec ses convictions propres, elle avance à travers la jungle de toutes les autres convictions.

  9. Alex dit :

    @ DH: le smartphone a instauré un lien social pour les personnes isolées, très nombreuses dans notre société, transformant leur existence.
    Il a été aussi l’outil principal des révolutions arabes, et joue un rôle principal dans tous nos conflits mondiaux…
    Un outil dont on découvre chaque jour les possibilités et les conséquences.
    Jusqu’où ?

    • @ Alex : je ne vous ai répondu que sur l’aspect photographique.

      Personne ne saurait nier le rôle joué par cet instrument (la musique des ondes…) dans l’échange des infos, que ce soit pour les révolutions ou les évolutions ou les circonvolutions de tout ordre…

  10. Dom A. dit :

    Beau service, et joli revers !

  11. @ Dom A. : You want a lift ?

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