Archives du 13/12/2014

Expo du photographe surréaliste Jacques-André Boiffard : « perinde ac cadaver » et dans la gare de l’imaginaire

Le Centre Pompidou (de Paris) a donc ouvert une Galerie de photographies au premier sous-sol, j’ai descendu les escaliers jeudi en fin de matinée, l’entrée est gratuite, et je n’ai côtoyé que trois ou quatre visiteurs.

Mais ce qui m’a attiré, dans cette exposition inaugurale, intitulée Jacques-André Boiffard, la parenthèse surréaliste (pourquoi pas plutôt « la parentèle » ou « le trait d’union » ?), c’est le choix du photographe lui-même dont le nom m’avait toujours intrigué sur mon exemplaire de Nadja (Livre de poche N° 1233, Gallimard 1964) : les photos en noir et blanc « illustrant » le texte d’André Breton (coïncidence du deuxième prénom et des dernières initiales de J.-A. B. !) furent alors créditées une par une, contrairement à cette absence lors de la publication d’origine en 1928.

(La page Wikipédia sur Jacques-André Boiffard ne cite même pas l’exposition actuelle, pourtant ouverte depuis le 5 novembre et qui se tient jusqu’au 2 février 2015.)

Dans ces grandes salles bien éclairées, on suit le parcours du photographe, à travers 70 clichés et documents, de manière chronologique avec des indications simples et complètes, et même en anglais.

L’artiste fut assez rapidement exclu du groupe surréaliste (pour cause de non-engagement marqué dans le mouvement) par André Breton.

Jacques-André Boiffard mettra néanmoins son talent, un peu plus tard (le 15 janvier 1930), dans le montage figurant sur la couverture du pamphlet Un Cadavre visant en pleine tête André Breton et le représentant avec une couronne d’épines sur le front. Puis le photographe apportera sa collaboration iconographique à la revue Documents de Georges Bataille, l’un des dissidents irréductibles de l’époque, avec des photos surprenantes.

On peut regretter que les deux films de Man Ray (L’étoile de mer, 1928, et Les Mystères du Château du Dé, 1929), auxquels Jacques-André Boiffard a collaboré, ne soient pas diffusés dans ce lieu ; il est vrai qu’ils sont facilement accessibles sur YouTube.

Photos (y compris masques fabriqués), cinéma, travail pour la publicité, expérimentations diverses, radiographies (forcément) : Jacques-André Boiffard aura essayé ainsi beaucoup de médecines artistiques, perinde ac cadaver, et qui demeurent comme une suite de pas perdus dans la gare de l’imaginaire.

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Boiffard12_DH(Toutes ces photos peuvent être agrandies.)

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