Chien motorisé s’autorisant le trajet dans l’étroite rue des Archives (Paris, 3e) encombrée à intervalles réguliers par le bus 75 conduit ce jour-là par une jolie jeune femme brune à cheveux courts

« Philosophique

Les grandes villes seules peuvent présenter à la spiritualité phénoménologique les essentialités des coïncidences temporelles et improbabilistes. Le philosophe qui monte parfois dans l’inexistentialité futile et outilitaire d’un autobus S peut apercevoir avec la lucidité de son œil pinéal les apparences fugitives et décolorées d’une conscience profane affligée du long cou de la vanité et de la tresse chapeautière de l’ignorance. Cette matière sans entéléchie véritable se lance parfois dans l’impératif catégorique de son élan vital et récriminatoire contre l’irréalité néoberkeleyienne d’un mécanisme corporel inalourdi de conscience. Cette attitude morale entraîne alors le plus inconscient des deux vers une spatialité vide où il se décompose en ses éléments premiers et crochus.

La recherche philosophique se poursuit normalement par la rencontre fortuite mais anagogique du même être accompagné de sa réplique inessentielle et couturière, laquelle lui conseille nouménalement de transposer sur le plan de l’entendement le concept de bouton de pardessus situé sociologiquement trop bas. »

Raymond Queneau, Exercices de style (Gallimard Jeunesse 2002, pages 81-82).

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Chien2_DH(Photos prises le 11.12 à 16:14. Cliquer pour agrandir.)

(Elvis Presley, Hound Dog)

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26 réflexions sur “Chien motorisé s’autorisant le trajet dans l’étroite rue des Archives (Paris, 3e) encombrée à intervalles réguliers par le bus 75 conduit ce jour-là par une jolie jeune femme brune à cheveux courts

  1. brigetoun dit :

    délice que cette collaboration entre vous
    me donner sourire pour mon nouveau réveil

  2. Godart dit :

    Image de ce chien qui n’aurait pas déplu à Queneau. Le port du casque n’est pas encore obligatoire pour les animaux, mais cela ne devrait pas tarder.

  3. Queneau, quel pied ! lire LE JOURNAL DE SALLY MARA (tiens bon la rampe !)

  4. hVerdier dit :

    pour le titre, une suggestion supplémentaire : le pilote du deux roues ayant avec scrupule suivi l’injonction par les lettres lancées : moto(s) !
    quant à Queneau, il n’a pas pris une ride

    • @ hVerdier : c’est vrai que le titre est un peu court.

      Mais j’ai été agréablement supris (au visionnage) de l’apparition, non aperçue dans l’instant de la prise de vue, du « mot(o) ».

      Quant à Queneau, son bus S reste une plateforme indépassable.

  5. Alex dit :

    Ce jour-là, Zazie n’a pas voulu prendre le métro, elle a pris la moto, pour aller au boulot, avec son chien Oulipo.

  6. Francesca dit :

    Les chiens adorent passer la tête par les vitres arrière des voiture, dans le sens de la marche, alors quel bonheur ce doit être pour eux de voyager ainsi dans les bras de leur maîtresse, museau au vent !
    Plaisir à limiter car les vétos disent que c’est très mauvais pour les oreilles et les yeux de ces voyageurs hors norme.
    Je me souviens d’une amie qui trimbalait son setter sur le porte bagages de son vélo. Le chien appuyait l’épaule au dos de sa maîtresse et revenait chez eux en courant quand elle garait le vélo à l’école. Impensable maintenant qu’il y a trop de voitures et que tout est interdit !

  7. PdB dit :

    drôlement rock’n’roll ce chien-chien là… :°))

  8. Alex dit :

    @ DH : Le zozo de Zazie n’a pas le pot, il n’a pas dit un mot quand Oulipo a fait le beau devant les gogos en zigzag. C’en est trop pour Queneau.

  9. Remarquable photo focalisée sur le petit chien où l’on ressent la vitesse et le vent qui caresse des oreilles pointées !

    • @ mchristinegrimard : la netteté (relative) est due au fait que la moto roulait à peu près (pour le doubler) à la même vitesse que le bus et donc l’environnement photograhié, plus ou moins immobile, s’en est trouvé logiquement… « troublé » !

  10. « Cette matière sans entéléchie véritable se lance parfois dans l’impératif catégorique de son élan vital et récriminatoire contre l’irréalité… », et pourtant l’élan du chien ce n’est qu’une saine pulsion de liberté ! Reste debout (ou à terre) une question : serions-nous tranquilles et confiants si le Conducteur ce fut un chien ?

  11. annaj dit :

    enfourcher son chien… et vroum elvis

    • @ annaj : comme il est dit dans le générique de fin du film « Timbunktu » (dont je dirai un mot demain sur ce blog), « aucun animal n’a été maltraité durant le tournage ». 🙂

  12. annaj dit :

    ni par le métrono- mage

  13. walachniewicz dit :

    Lisant le titre et sans doute encore un peu endormie, j’ai compris qu’un chien conduisait un deux roues avec une jolie brunette, agrippée à son dos ;O)

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