Archives du 24/12/2014

Gare du Nord avec attraction magnétique

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L’atmosphère des gares, quand elles ne ressemblent pas à des aéroports, recèle toujours un espace de sensations en partance, joie ou tristesse, retrouvailles ou adieux, début ou fin (on achève bien les chevaux électriques), danse tournoyante sur le quai comme dans un film de Claude Lelouch, odeurs de fer et de limaille – attraction magnétique de la gare du Nord – passages d’inconnus, chacun suivant sa voie, aiguillages mêlés des piétons (Léon-Paul Fargue, spécialiste capital), baisers échangés, la foule n’existe plus, l’instant soudain immobilisé, on dirait une photo vivante, les lampadaires éclairent les rails, il est seize heures quatorze, le TGV approche, arrive lentement, il regagne sa maison, il ralentit et stoppe avec délicatesse devant le butoir, le conducteur ouvre la fenêtre de sa cabine, il a conduit à lui seul près d’un millier de personnes à bon port et certains estiment toujours que c’est un privilégié, mais les amoureux continuent de s’embrasser : qu’importe l’horaire, l’horloge, la montre, la trotteuse, le temps a été défait par la passion d’un soir.

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GDNord4_DH(Photos prises le 23.12, gare du Nord à Paris. Cliquer pour agrandir.)

(John Coltrane, Blue Train)

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