Archives du 26/12/2014

« Réduire, dit-il » : visite de l’exposition « Duras Song » [1/3]

Cent ans qu’elle est née, Marguerite Duras (1914-1996), une date à commémorer aussi, comme une sorte de future déclaration de guerre à la littérature plan-plan, une écriture, une voix et un regard cinématographique uniques.

Il fallait visiter cette exposition (au Centre Pompidou) intitulée Duras Song, et sous-titrée « Portrait d’une écriture », mais elle attirerait moins les foules que les turlupinades dispendieuses de Jeff Koons, donc on pouvait s’y prendre au dernier moment. Ouverte depuis le 15 octobre 2014, elle se termine le 12 janvier 2015.

Pour y accéder, hier, il suffisait de se laisser porter par l’escalator jusqu’au deuxième étage du musée et de se retrouver alors dans la Bibliothèque, là où l’on peut lire la presse du monde entier et surfer sur tous les ordis en libre service : un lieu « durassien » par excellence, avec son brassage d’étudiants ou de chômeurs (les uns deviendront peut-être les autres), de lecteurs assidus ou endormis, de gens sérieux ou de zombies flottant dans l’air du temps éclairé au néon.

Les murs du lieu sont peints au bleu de méthylène, car « il est utilisé, nous dit le prospectus informatif, dans le monde de l’édition afin de tacher les livres mis au pilon, les détruisant une première fois, les empêchant ainsi de circuler et d’être redistribués. L’encre indélébile de la censure viendrait alors recouvrir l’encre de la connaissance, du témoignage, de l’information. C’est sur cette opération de censure que viennent s’inscrire les écrits politiques de Marguerite Duras. »

À peine avais-je pris une photo d’un des deux murs qui encadrent la grande salle qu’une « responsable » me saute sur le paletot en me disant que c’est interdit.

OK, je me débrouillerai donc dès qu’elle aura le dos tourné (à moins qu’elle n’ait des yeux derrière la tête). Car je ne pense pas mettre en péril les droits d’auteur de l’écrivain-cinéaste avec ces quelques images publiées sur mon blog, sinon on me le fera sans aucun doute promptement savoir.

« Réduire, dit-il » l’emprise des diktats débiles sur nos esprits. Marguerite effeuilla durant toute sa vie la résistance.

Duras Song1_DH

Duras Song2_DH

Duras Song3_DH

Duras Song4_DH

Duras Song5_DH

Duras Song6_DH

Duras Song7_DH(Toutes ces photos sont agrandissables.)

[ ☛ à suivre ]

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