Archives du 27/12/2014

« Réduire, dit-il » : visite de l’exposition « Duras Song » [2/3]

J’ai pratiqué, à l’occasion du centenaire de la naissance de Marguerite Duras organisé par la Bibliothèque publique d’information (Bpi) du Centre Pompidou et l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine (Imec), des allers-et-retours entre l’Outside (les murs portant la vocation politique) et l’Inside (l’écriture, les documents personnels, les films), tels que ces deux paradigmes l’organisaient selon les désirs de l’artiste franco-vietnamienne Thu Van Tran.

Ainsi, le fracas du monde – l’engagement durant l’Occupation puis les prises de positions publiques et constantes de Marguerite Duras – vient-il, comme les vagues près des Roches noires (elle vécut à Trouville-sur-Mer, en Normandie, dans un appartement acheté en 1963 dans l’hôtel rénové par l’architecte Robert Mallet-Stevens), se briser sur les digues intérieures de l’écrivain, de la cinéaste, de la scénariste, de la femme d’écrit, de théâtre et de parole.

Il est intéressant de relire l’article qui fit tant de bruit, qu’elle écrivit pour Libération (17 juillet 1985) après la mort du petit Grégory retrouvé mort dans la Vologne, et dont la version corrigée, non publiée, figure ici encadrée sous verre.

Dans la salle « à l’intérieur » (de la grande bibliothèque elle-même), un jeu de lumières, parfois un peu obscures, met en valeur des documents, des extraits de films, notamment India Song scandé par sa musique inoubliable, et Le Camion (1977) avec Gérard Depardieu, le semi-remorque Saviem qui fait au générique le tour d’un rond-point, et de grands « tapuscrits » où l’on voit le travail acharné de fine mouche de Marguerite Duras.

L’écriture est, pour elle aussi, un établi, et les mots ressemblent à des copeaux inaltérables.

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Duras Song14_DH(Les photos peuvent être agrandies.)

[ ☛ à suivre ]

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