Niki de Saint Phalle : tir groupé de beauté [2]

Je parcours le labyrinthe de l’expo et les représentations de l’artiste, qu’elles soient accrochées, suspendues, épinglées aux murs ou dressées ou projetées sur écran dans les salles qui s’enfilent les unes les autres, ou qu’il s’agisse d’interviews, de paroles gardées, enregistrées, comme faisant réapparaître leur énonciatrice ce jour-là, jolie revenante sur laquelle le temps n’aurait pu avoir aucune prise, elles parlent d’elles-mêmes, elles sont musique aussi – pas de distinction dans les arts comme dans les passions multiples imaginées par Charles Fourier – et tout cela crée, induit, introduit un flot calme, déterminé, orienté vers la source artistique, celle qui coule sans précaution (opposée au calamiteux « Oui, mais… » d’Edwy Plenel par rapport à la dernière couverture de Charlie Hebdo), sans compromission, sans appréhension, parce qu’il s’agit là de liberté et que c’est à elle qu’en veulent tous les ayatollahs de la pensée unique, dogmatique et sérieuse : elle est signe de jouissance débondée qu’ils ne sauraient admettre car elle les questionne au cœur même de leur inconscient quadrillé de certitudes, d’oukases et de sentences de mort.

Niki de Saint Phalle, impériale, les surplombe de ses créations irréfragables.

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Niki20_DH(Toutes les photos peuvent être agrandies.)

[ ☛ à suivre ]

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23 réflexions sur “Niki de Saint Phalle : tir groupé de beauté [2]

  1. brigetoun dit :

    et de tout elle fait joie – juste passer vous remercier, saluer le à suivre
    et m’en retourner la voir, écouter en suivant le lien vers sa jeunesse

  2. brigetoun dit :

    et revenir pour dire l’imbécile dans le film qui dit pas oeuvre de femme, parce que puissance..
    une oeuvre totalement féminine comme il y en a peu

  3. duquerroigt dit :

    puissance de l’impensable ou du moins encore impens’ee Niki

  4. gballand dit :

    Merci pour le lien Médiapart. Finalement, le discours de M. Plenel est intéressant, avec peut-être ce « Mais ». Mais remarquez quand même qu’il s’en explique longuement, de ce mais 😉

    • @ gballand : Le « discours de M. Plenel » oublie – ce qui est plutôt incroyable de sa… médiapart – qu’il existe la loi de 1881 sur la presse qui encadre la liberté d’expression.
      Cette couverture de « Charlie Hebdo », comme d’autres, n’a pas été interdite ni poursuivie par des « musulmans » choqués (ou « blessés »… de manière imagée).

      Si « M. Plenel » veut régenter la caricature au nom d’une sorte de « principe de précaution » (Le New York Times n’a pas osé reproduire cette « une » !), libre à lui. Qu’il fasse alors disparaître de son site les chansons « satiriques » débiles qui heurtent ma sensibilité musicale.

      Ecoutez ce que dit Luz, dessinateur de « Charlie Hebdo », dans cette interview remarquable donnée à une chaîne américaine le 31 janvier : oui, avec ce type de censure à laquelle certains appellent, on peut, si l’on devait cèder à la peur ou à la menace, ranger ses crayons, ses stylos, ses micro-ordinateurs, ses toiles, etc., et laisser les terroristes agir sans aucune gêne provoquée par le moindre trait de contestation.

      Au fait, les œuvres de Voltaire sont-elles en vente au Yemen ou en Syrie ?

  5. Comment-taire devant ces suggestions à plusieurs facettes ? Comment exprimer d’autres éventuelles suggestions de ma part devant une si brillante dialectique ?
    Probablement on est d’accord sur le fond et sur beaucoup d’aspects de cette grave problématique. Elle est pourtant très complexe et je dois beaucoup réfléchir.

    • @ biscarrosse2012 : « Toute liberté en art ! » proclamaient les surréalistes : un dessin n’a jamais tué personne mais on a tué pour un dessin.

      • Je suis tout à fait d’accord. Malheureusement on a pris un dessin comme prétexte pour tuer des innocents et ce que nous nous disons réciproquement, en évoquant justement des valeurs partagées, ces gens là ne le respectent pas. C’est pour cela que la situation est très difficile. S’il y avait une possibilité de dialogue…

  6. @ biscarrosse2012 : La situation est certes difficile, qui pourrait le nier ? Mais quand le dialogue se réduit à des tirs de Kalachnikov, doit-on se taire ?

    La position jésuitique d’un Plenel (critiquée d’ailleurs au sein même de son journal) est en totale contradiction avec le droit et le devoir d’investigation et de critique qu’il porte par ailleurs en écharpe et en oriflamme.

  7. Alex dit :

    Expo Niki : mes préférences, les premières toiles, inspirées certes de Dubuffet et Pollock, mais dont on retrouve la continuité dans le Jardin des Tarots, et surtout la Maison de l’Impératrice. (L’impératrice, étant bien sûr, Niki).
    Une ombre au tableau très dythirambique de Dominique : toutes ces Nanas sont corsetées, habillées, tatouées. Or, c’est Chanel qui avait déjà jeté aux orties corsets et chaussures à talon. Il n’y a aucune étude de nu, pourtant la base des arts plastiques.
    Nous, les Français et les Allemands, sommes naturistes. Le Nu est l’expression de la Vérité, toute une vie peut se lire sur un corps humain.
    Le vêtement représente contraintes, complexes et préjugés de notre société.
    J’ai bien aimé les trop petites têtes sur les grands corps, cela donne du mystère… Le mystère du labyrinthe féminin.

    • @ Alex : Chanel avait quand même gardé le petit tailleur !

      Il n’est pas gênant qu’il manque ici des études de nu : l’autodidacte Niki de Saint Phalle n’a pas « fait » les Beaux-arts et donc passé des heures à reproduire un ou des « modèles » exposés sans apprêts.

      Le « naturisme » n’est sans doute pas son obsession (l’érotisme est différent)… Les vêtements imaginaires dont elle vêt ses « Nanas » sont l’expression de ses rêveries et idées colorées : elle n’a rien à faire de l’académisme, à tous les sens du terme !

  8. Sorcière dit :

    La Maison de la caricature de l’Iran et le Centre culturel Sarcheshmeh sont les organisateurs d’un nouveau « concours international de caricatures sur le thème de la négation de l’Holocauste », rapporte « The Independent ».
    Concours ridicule, bien entendu, quand la caricature se voit imposer les thèmes ! rire !
    La manipulation de la bêtise humaine n’a de limite que la bêtise humaine elle-même. C’est dire ce qui se profile partout …

    • @ Sorcière : Ces négationnistes enturbannés sont eux-mêmes les caricatures qu’ils reprochent aux autres de dessiner. Difficile à nier !

      La bêtise – pour ne pas dire la sainte connerie – à la tête d’un Etat dictatorial tourne en rond…

  9. Alex dit :

    Rappel scolaire : France veut dire liberté – les Francs, les Français – et les Françaises – hommes et femmes libres –
    Toutes les opinions sont admises chez nous, par définition.
    C’est pourquoi il est si difficile de s’expatrier pour un Français.

    • @ Alex : merci pour la leçon d’instruction civique… 😉

      Néanmoins, je ne crois pas – si l’on se fie à certaines statistiques – que les Français aient des difficultés à s’expatrier.
      C’est plutôt pour « immigrer » en France qu’il y aurait quelques problèmes.

  10. Œuvre joyeuse et poétique, hommage à l’éternel féminin d’une femme suivant le chemin coloré de ses rêves, attachante par ses audaces et par sa liberté. L’interview surréaliste faite par un homme manifestement dépassé par l’imagination sans limite de l’artiste, est réjouissante et prête à sourire avec le recul du temps. L’académisme a du mal à ouvrir la porte à l’imaginaire. Les nanas pulpeuses, élégantes, corsetées ou non, sont autant de facettes d’une féminité aux multiples visages (ceux de la vie de toute femme) que je trouve réjouissante !

    • @ mchristinegrimard : cette œuvre est protéiforme et montre que l’art peut explorer de multiples directions dans la plus grande indépendance.

      Niki de Saint Phalle se moque éperdument des canons (esthétiques) et des règles inculqués dans des instituts labellisés : elle crée de son propre chef, de sa propre imagination, et c’est bien là où est sa réussite – que personne n’a pu copier et qui n’est la copie de personne.

  11. annaj dit :

    compagne de Tinguely , identique version masculine de la liberté, de l’humour et d’une forme acerbe de la joie

  12. anna jouy dit :

    Tinguely originaire du même petit bled fribourgeois que moi…;-) ( je me flatte!)

    • @ annajouy : j’ai visité le musée d’art de Bâle mais je rêve d’y retourner pour celui de Tinguely.
      Un temps, une immense sculpture de cet artiste, adepte du mouvement perpétuel…, accueillait les visiteurs au Centre Pompidou : elle a dû regagner la Suisse (peut-être par ses propres moyens) !

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