Archives du 16/02/2015

Historisation des malentendus

Déflagrations sur l’écran, détonations dans les oreilles (il faudrait vivre en permanence avec des boules Quies), encore des ombres, des cagoules, des armes, des gyrophares de jour ou de nuit, comme un maelström de l’info répétée, historisation des malentendus, on se demande si celle-ci ne joue pas le jeu même des acteurs qui se placent au premier plan, liberté d’expression, caricatures, oui, les Danoises (j’aime toujours la petite Sirène un jour vue de près, enlevée plus tard puis retrouvée) ou les filles blondes, Juifs traqués (bientôt Amsterdam ?), stigmatisés, tués comme dans un camp, on a remplacé « la place de l’étoile », comme l’a écrit Modiano, par la balle de Kalachnikov, fureur d’une interprétation débile de la religion contre les « mécréants », « Etat islamisque » et khalifat virtuel, Islam détourné, à quand la Saint-Barthélemy revisitée ?, Dieu reconnaîtra les chiens, images comme dupliquées de celles du mois de janvier à Paris, vu à la télé Patrick Pelloux disant qu’il faut rester debout, oui, ne pas céder à leurs intimidations, au « précautionnisme » d’un Edwy Plenel, ou d’écrivains qui comprennent que les musulmans puissent être « blessés » (image), lutter pour la liberté de penser et de s’exprimer (on la leur accorde, qu’ils nous la laissent !), ils voudraient sans doute couvrir la terre d’un énorme voile opaque – une burqa mondiale – et n’ont jamais lu Voltaire ni aucun penseur des Lumières, ce qu’ils veulent c’est l’obscurité, l’extinction des feux même en plein jour, la mort, les paupières cousues et les bouches fermées par leurs rafales à répétition, leur négation de la vie des autres au nom de vraies valeurs qu’ils n’ont même jamais intégrées, ce sont des analphabètes, des ignorants, des guerriers qui se croient les héros de jeux vidéos (ils sont enfin passés du virtuel au criminel), des types qui bandent grâce à leurs fusils automatiques à plusieurs coups, des malades en liberté sans condition, des « fous d’Allah » comme si leur prophète tutélaire admettait ces actes sanglants, ils ont besoin (et sont en manque) d’un père autoritaire qui leur donne une fois pour toutes une gifle cuisante sur leur visage même, tissé de noir.

N-D de Paris2, 14.2.15_DH(Paris, le 14 février au soir. Cliquer sur la photo pour l’agrandir.)

(lecture par D.H.)

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