Archives du 18/02/2015

Paul Vecchiali : des prises de vues – des prises de vie

Méconnu et injustement minoré, resté incroyablement vif et dynamique, le cinéaste Paul Vecchiali bénéficie, enfin, d’un coup de projecteur avec la sortie nationale, depuis le 28 janvier, de son dernier film Nuits blanches sur la jetée (d’après une nouvelle de Dostoïevski) et d’une rétrospective à Paris, dans quelques cinémas, d’une partie de son œuvre abondante.

Je l’ai découvert tout récemment (je le connaissais uniquement de nom) et sa démarche originale, hors sentiers battus ou cadres imposés, est tout à fait enthousiasmante.

Nuits blanches sur la jetée (2015) est une confrontation « théâtrale » entre deux personnages dont le marivaudage s’en ira à vau-l’eau malgré l’intensité de leur rencontre. Dédié notamment à Robert Bresson, ce film (vu au MK2 Beaubourg le 7 février) utilise de longs plans séquences dans lesquels les acteurs principaux sont étonnants. Astrid Adverbe et Pascal Cervo (ce sont leurs noms) impriment en effet sur l’écran une sorte de suspense amoureux d’une émotion rare.

Rosa la rose, fille publique (1986) a été tourné – avec le manège de l’époque – dans le quartier des Halles et met en scène avec force et humour un mélodrame réaliste et social qui se joue dans l’univers de quelques prostituées, avec notamment les actrices Marianne Basler et Catherine Lachens, et leur souteneur joué par Jean Sorel. Le 14 février, ce film était diffusé en présence de Paul Vecchiali, qui a répondu aux questions des spectateurs (je lui en ai posé une sur ses relations avec les cinéastes de la Nouvelle vague : il a réaffirmé son indépendance et sa « ligne » personnelle avec précision et détermination, en souriant).

Corps à cœur (1979) peint une histoire d’amour fou entre un mécanicien de garage et une pharmacienne grande bourgeoise : réussite totale pour cette plongée (2h 6mn, vu le 17 février au MK2 Beaubourg) dans un univers où se confrontent le populaire et le chic, le désir et l’impossible, avec Hélène Surgère, magnifique, et Nicolas Silberg, électrique.

Les films de la rétrospective (elle se déroule depuis le 11 février), quelles que soient leurs dates de création, ont tous été restaurés numériquement en haute définition : les images et le son apparaissent ainsi comme neufs, tout juste accouchés au fur et à mesure des prises de vues – des prises de vie – réalisées par la caméra virevoltante ou fixe de Paul Vecchiali.

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Vecchiali3_DH(Paul Vecchiali, Marianne Basler, Catherine Lachens, Renato Berta)

Vecchiali4_DH (Photos du 14 février, séance à 19:45. Cliquer pour agrandir.)

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