Archives du 24/02/2015

Clark Terry dans l’oreille

Quand j’ai appris dimanche la mort du trompettiste de jazz Clark Terry, je ne fus pas terrifié, simplement attristé, et j’ai lu l’article rythmé, dansant et ironique du cher Francis Marmande dans « Le Monde », cela consolait des pitreries couturées de Jean-Paul Gaultier, deux jours avant, lors de la cérémonie des césars. Le souvenir du film Timbuktu, œuvre digne et forte, récompensée à juste titre, contrastait avec cette pauvre guignolade.

Trompette ou bugle ? Question de souffle, de « pistons » comme le dit notre critique, fin connaisseur du jazz et contrebassiste à ses heures gagnées.

« Big Band » dans le ciel, pourquoi pas ? Est-il innocent ou hasardeux que les anges souvent représentés sur les illustrations liturgiques et ecclésiastiques embouchent de longues trompettes qui ne semblent pas du tout bouchées ?

Dans la liste alphabétique des musiciens adeptes, anachorètes ou prosélytes de cet instrument, Clark Terry voisine logiquement avec Erik Truffaz : beau compagnonnage.

La vie ressemble à un orchestre – parfois on dirait qu’elle manque simplement d’un diapason ou d’un métronome. Il faut garder Clark Terry dans l’oreille.

Apparences_DH(Place de l’Hôtel de ville, Paris, hier. Cliquer pour agrandir.)

(Clark Terry, Stardust, 1967)

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