Archives du 14/03/2015

Dispersion subaquatique des amphorismes (3)

Près du champ de coquelicots, un coq lit tôt une gravure animalière.

Sur le périphérique, les voitures se suivent comme des petites bêtes plates, rouges et noires, soudées les unes aux autres de manière presque indécente.

Son assurance défiait toute police, sur le plan contractuel.

Penchée sur l’écran de l’ordi, elle se mirait dans le reflet zébré tandis que sa bouche émergeait en deux barres d’espacement horizontales et rouges.

La vie lui semblait une aventure tellement ordinaire qu’il préférait la regarder à la télé.

Quand il allait chez le médecin, celui-ci lui demandait immédiatement sa carte Vitale : comme pour s’assurer, avant tout examen, qu’il respirait encore.

Les avions se croisent dans le ciel en évitant les collisions qui pourraient (on ne peut savoir) les fracasser : leurs traces sont des sourires après coup.

Une fois au lit, le matelas lui sert de radeau pneumatique sur la mer songeuse.

Les bouteilles de vin vides sont des « cadavres » rapidement concassés avant toute autopsie possible.

Cioran, avec ses jérémiades répétitives, me fait penser à l’exécution de Ceausescu, le 25 décembre 1989 : le dictateur, à l’instant fatidique, a eu pour seul choix d’étaler son mal de vivre par terre.

Boules_DH(photo prise le 12 mars à Evry. Cliquer pour agrandir.)

(Bach, Sinfonia N°11, BWB 797, par Evgeni Koroliov)

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