Archives du 13/04/2015

Gustave Moreau et toutes ses femmes accrochées, collées ou pendues aux murs [2/3]

Samedi dernier, en cherchant quelques liens, j’ai découvert que l’ami Fabrice Pascaud avait un jour, en 1998 (je ne l’avais pas encore rencontré), donné une conférence ici même, sur les rapports symboliques entre André Breton et Gustave Moreau, au pied de l’escalier si élégant dans sa volute élancée qui donne accès aux deux ateliers.

Les musées où l’on découvre une sorte d’ascension – ceux où l’on n’est pas scotché par une sorte de parallélépipède labyrinthique – permettent ces changements de perspective, ces plongées, cette élévation qui sied à certaines productions artistiques : il y a bien une sorte de mysticisme chez Gustave Moreau dans sa recherche du « mythologisme », un élan vers des contes ou des histoires surhumaines racontés à des adultes demeurés enfants.

La femme, telle qu’elle est représentée par le peintre, apparaît dans une pâleur et une évanescence comme issues d’un rêve. Elle sort du cadre dans laquelle on a cru l’inscrire ou l’emprisonner et vient nous ensorceler.

André Breton, dans le texte qu’il a repris en 1961 pour Le Surréalisme et la Peinture (Gallimard 1965, pages 363-366) parle du « hiératisme » du style de Gustave Moreau, « le grand solitaire de la rue de La Rochefoucauld, celui qui, toutes autres considérations mises à part, a porté le plus loin le pouvoir d’évocation, dont l’attitude en tant qu’artiste et penseur – par le temps d’exhibitionnisme que nous traversons – doit être tenue pour un modèle de dignité, et dont les réalisations sont, aux courtes promesses de ses élèves les plus notoires, auxquelles fait abusivement écho un bruit de tambours de plus en plus assourdissant, dans le rapport du grand Œuvre à la réussite commerciale. »

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GM24_DH(toutes les photos peuvent être agrandies d’un simple clic.)

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