Archives du 14/04/2015

Gustave Moreau et toutes ses femmes accrochées, collées ou pendues aux murs [3/3]

Ainsi, la tentation serait partout, Gustave Moreau l’avait bien saisie sous ses formes différentes ou cachées, elle pourrait aussi se rencontrer au sortir du musée : celle du quotidien, de l’insolite, de l’inattendu, de l’improbable, le retable du hasard, les dés virtuels mal armés ou les cavaliers sauteurs d’un jeu d’échecs – j’ai imaginé Marcel Duchamp, l’as des parties où la Reine dame le pion aux fous, assis en face de l’artiste avec la petite table les séparant comme les siècles ont cru pouvoir le faire.

S’agissait-il d’un simple « cabinet de curiosités » ? Ce musée, avec ses emboîtements, ses dessins mobiles, ses peintures devenant parfois « abstraites », dispense un charme qui frise le magnétique, peut-être à cause de la surabondance même des œuvres présentées : on ne sait plus où donner de la tête.

Tout s’emmêle, s’entremêle, femmes et paysages, ciels et animaux, chimères de toutes formes et origines.

Dehors, la vie reprenait à son rythme ses droits ou ses courbes, les rues de cet arrondissement gardaient encore des bâtiments que les yeux de Gustave Moreau avaient sans doute vus et observés durant des années, quand il devait entreprendre la montée de la rue de la Rochefoucauld.

Là, point de funiculaire mais le peintre a sans doute essayé le train pour son voyage de 1857 en Italie (la première ligne ferroviaire fut ouverte en 1827), même si on n’en voit cependant pas trace sur ses tableaux. Qui sait ? Il aurait pu y croiser, dans la trépidation des rails, La Madone des sleepings de Maurice Dekobra, si elle n’était née trop tard (1925).

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