Le béton fleurit (à Évry)

(cliquer sur l’image et le petit haut-parleur)

Ce qui m’a plu soudain, lundi après-midi, c’est ce parterre de fleurs juste en face des immeubles qui « montent » inexorablement mais ce ne sont pourtant pas des gratte-ciel, je les aurai vus quasiment sortir de terre et un jour, peut-être, j’apercevrai leurs locataires ou propriétaires en prendre possession.

La bétonneuse tricolore m’a fait imaginer une saynette où l’on admirerait la trinité des Le Pen (le père, la fille, pas le Saint-Esprit, et la petite-fille Marion Maréchal-Le Pen) brinqueballés dans la cuve, englués dans la pâte grise, se lançant réciproquement à la figure quelque peu enfarinée des mots comme « préférence nationale », « migrants », « Europe », « islamisation »…

Singulièrement secoués, au sortir du tonneau tournant sur lui-même comme une toupie oblongue, ils décideraient tous les trois, sur le coup, d’abandonner la politique et de se mettre plus tranquillement au point de croix (on évitera tout qualificatif pour cette dernière).

L’héritage des ciments Lambert, c’est bien de l’histoire ancienne.

Et puis, un petit oiseau a traversé l’espace très vite : il faudrait réaliser un ralenti ou une capture d’image de cette mini-vidéo pour l’identifier. La prochaine fois, je présume qu’il volera plus haut car les murs murent et le béton n’est pas tendre avec les moineaux des rues.

(Maréchal, nous voilà ! par André Dassary.)

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31 réflexions sur “Le béton fleurit (à Évry)

  1. brigetoun dit :

    vous les verrez certainement les premiers rideaux
    et en attendant vous nous donnez une petite fable pour rêver un moment

  2. @ brigetoun : j’avais photographié une fois le grutier descendant, sa journée finie, de cet engin par l’échelle (mais mon Samsung n’avait pas une très bonne définition)…

  3. gballand dit :

    Vous avez l’art de faire des associations… En écoutant ce « Maréchal nous voilà » je me disais que finalement, nous attendions encore un sauveur plutôt que nous sauver nous-mêmes 😉

  4. Ce qui me touche en tant qu’observateur assis dans un fauteuil, c’est le petit vent, qu’on imagine froid et légèrement inquiétant, qui agite les fleurs.
    Ce vent « correspond », avec un rythme décalé, aux mouvements de la grue, soulignés, comme dans un vieux film muet, par l’homme qui bouge en montant et descendant du camion.
    (Après je devrais utiliser les mots appropriés, je le sais, spécifiant de quel genre de fleurs il s’agit, quel est le nom exact de la machine pour mouliner le béton, et cetera…)
    En tout cas, j’aime beaucoup cette « vérité » qui se déclenche lorsque la photographie… démarre !

  5. Un deuxième commentaire est indispensable après l’écoute du Maréchal… et la lecture plus attentive du texte, à partager vivement et absolument de la prime ligne jusqu’à la dernière (Vive la patrie (pour tous !)

    • @ biscarrosse2012 : ce qui est amusant, sur le site officiel d’André Dassary, c’est que son interprétation de la chanson (ou hymne) pétainiste n’est absolument pas mentionnée !
      Le révisionnisme internautique a encore de beaux jours devant lui.

      • Je me suis fait la même réflexion que toi en lisant la biographie. Pour autant, Maréchal nous voilà est bien repris dans le détail des 600 titres du Monsieur.

        @ Nicolas Bleusher : OK, mais pas dans sa bio, ce qui est quand même singulier !!! D.H.

  6. walachniewicz dit :

    de grâce, de grâce, monsieur le promoteur…

  7. Alex dit :

    Uniformité fastidieuse des immeubles contemporains, l’architecte les destine indifféremment à devenir une école, une prison, un hôpital, une administration, une habitation dite bourgeoise.
    C’est triste. On comprend mieux pourquoi le nombre de suicides augmente.

    • @ Alex : tout le monde ne peut avoir accès à une habitation crée sur mesure avec architecte renommé « designant » selon les bons vouloirs esthétiques du client quelque peu fortuné.
      En France, 10 000 suicides par an (presque trois fois plus que le nombre de morts dans les accidents automobiles) : est-ce que l’habitat serait le principal responsable ?

      • Alex dit :

        Les clients fortunés préfèrent les demeures anciennes, tout de même plus esthétiques. Le moderne contemporain est plutôt destiné aux pauvres et moyennement pauvres.

        @ Alex : alors, célébrons Hausmmann !

  8. pascale dit :

    Est-ce que ces fleurs ne seraient pas des « Femen », narguant les « petits gars » du maréchal pour « nous redonner l’espérance » comme au 1er mai ?

  9. Désormière dit :

    J’ai vu le petit oiseau et j’ai souri.

  10. Anecdote ou plus si affinité….
    Dans les années 40 les instituteurs et institutrices faisaient chanter cet hymne à leurs élèves, un rapport d’inspection de l’époque félicite ma grand-mère pour la qualité de sa chorale de classe alors qu’au même moment mon grand père également instituteur et directeur d’école était suspendu sans salaire. La cause ? La règle édictée par Pétain qui interdisait aux Français fils d’étranger d’être fonctionnaire (… il était fils de Suisse avec un nom allemand !) il avait été « dénoncé » par le curé et inscrit grâce à ce monsieur sur la liste des otages à fusiller en cas d’attentat, ces listes était déposées en préfecture. Il faut dire qu’on parlait alors dans les villages de l’Aveyron et sans doute ailleurs de l’école publique comme de l’école du diable !

    • @ SERRE Catherine : Merci pour ce souvenir personnel !
      C’est pourquoi la chanson « maréchaliste » n’est pas du tout innocente et l’on comprend qu’aucune mention de celle-ci ne figure sur le site Internet officiel d’André Dassary qui l’entonna avec un tel enthousiasme.
      Quant à la politique contre les « Pas Français », il suffit de relire, entre autres, « La France de Vichy 1940-1944 », de Robert O. Paxton (Seuil 1973, Points H 16) pour être édifié.

  11. Francesca dit :

    A la troisième fois, j’ai bien vu l’oiseau pressé traverser au ras des…tulipes, mais les trois premiers mots de Dassary m’ont suffi, pas le courage d’en écouter plus, c’est aussi insupportable que la bio du borgne !
    En revanche, l’agencement pourtant fortuit des couleurs est parfait et j’ai toujours aimé les excavatrices qui penchent et relèvent élégamment leurs cous de girafe.

    • @ Francesca : d’où l’intérêt du Vine qui grâce à sa répétition, permet aux personnes inattentives de découvrir un détail passé inaperçu à la première vision 😉

      Mais qu’est-ce qu’elle a, cette chanson ? Elle est entraînante, non ?

  12. Zoë Lucider dit :

    Je viens d’entendre les Femen dans l’émission de Pascale Clark, très fières de leur exploit et défendant le principe du « corps politique ». Les tulipes sont une insurrection de beauté dans tout ce béton.

  13. Dom A. dit :

    J’aime beaucoup ce concerto pour la main droite (ici, on reconnait les ultimes notes du largo).

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