Archives du 25/06/2015

Aperçus/entendus (mesure pour mesure) de la Fête de la musique, le 21 juin à Paris [4/4]

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« Certes, il faudra bien un jour que Cassandre ait raison. Pour l’heure, il paraît absurde de prophétiser l’extinction prochaine du jazz. Il est né, donc il mourra. Mais de très grands jazzmen n’ont nulle envie de se taire et ne semblent pas pressés de vieillir. Quelle que soit la part d’intelligence et la part de sensibilité en chaque style, quelle que soit notre préférence pour tel ou tel type de plaisir, ce qui se fait de la New Thing au R’ and B’ en passant par le jazz-rock maintient à l’existence la musique afro-américaine dont nous avons tenté de retracer l’itinéraire. Cette musique est devenue familière à l’ensemble des « nations développées » et elle a fait déjà quelques incursions ailleurs. À aucun moment, peut-être, elle ne fut à la fois plus hautement différenciée et plus profondément enracinée. Si demain, ce qu’à Dieu ne plaise, le monde, au lieu d’appeler à l’être des rejetons du jazz aussi beaux que leur père, se contentait de sa banalisation donc de sa dégradation, nous pourrions tout de même dire qu’il aurait vécu trois quarts de siècle, que sa défaite aurait été le fruit de sa victoire, et que son ombre, en somme, se serait mise un jour, tragiquement, à le dévorer. »

Lucien Malson, Histoire du jazz et de la musique afro-américaine (UGE, 1976, 10 x 18 N° 1085, page 220).

Malson_DH(cliquer pour agrandir le livre.)

[ ☛ FIN ]

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