À côté de Roubaix (Nord) : visite de la Villa Cavrois construite par Robert Mallet-Stevens [1/2]

J’avais repéré l’affiche de l’expo (cinquième photo) en gare de Bailleul, peu de temps avant cette « excursion » artistique.

Le samedi 15 août, quand nous sommes allés visiter la Villa Cavrois, à côté de Roubaix (Nord), une construction architecturale de Robert Mallet-Stevens, achevée en juillet 1932 et ouverte au public, après maints déboires, le 13 juin 2015, nous ne nous attendions pas à devoir enfiler ces espèces de protections de chaussures que l’on distribue dans certains hôpitaux ou dans les usines du type Seveso.

Transformée en caserne pour les troupes allemandes durant l’Occupation, puis classée monument historique en 1990 mais abandonnée ensuite, la Villa Cavrois, après douze années de travaux, a coûté à l’Etat 23 millions d’euros pour sa restauration.

Il est vrai que ce véritable « monument » impose le respect et l’attention à ses planchers (surface : 2800 m2), en même temps que l’admiration devant l’aspect avant-gardiste pour l’époque, le modernisme des installations internes (chauffage, téléphone, cuisine intégrée, glacière…), tout un décor (façade : 60 m2) et un agencement intérieur quasiment cinématographiques : Robert Mallet-Stavens a d’ailleurs travaillé sur les décors de quelques films dont L’Inhumaine de Marcel L’Herbier.

L’industriel Paul Cavrois, un des « rois » du textile d’alors, avait un goût audacieux et une grande ambition domestique pour sa famille.

Ce qui frappe, sur-le-champ et aussi avec du recul, c’est l’ensemble géométrique, la pureté des lignes infinies, l’espace incroyable – la hauteur sous plafond devait permettre aux sept enfants de lancer haut leurs petits ballons – l’aspect fonctionnel, les agencements (monte-plat entre les étages), la rythmique des angles, des cloisons et des escaliers, le parc avec piscine et bassin, qui donnent non pas l’impression d’un « château » à la Chambord mais bien celle d’une villa comme agrandie par magie : car destinée à des géants, ce qui est logique, après tout, dans le Nord.

Cavrois1_DH

Cavrois2_DH

Cavrois3_DH(Miroir d’eau d’une centaine de mètres de long)

Cavrois4_DH

Cavrois5_DH(Salle à manger)

Cavrois6_DH(Salle à manger des enfants)

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Cavrois8_DH(Fumoir)

Cavrois9_DH(Toutes les photos sont agrandissables.)

[ ☛ à suivre ]

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17 réflexions sur “À côté de Roubaix (Nord) : visite de la Villa Cavrois construite par Robert Mallet-Stevens [1/2]

  1. brigetoun dit :

    le maître, Mallet Stevens
    chaque bâtiment, chaque demeure est une merveille d’espaces combinés

  2. @ brigetoun : oui, il a écrit d’ailleurs un article, devenu un très beau livre, sur cette création (« Une demeure 1934 », Jean-MIchel Place 2005) dont je parlerai demain.

  3. Merci pour la visite de cette villa emblématique, dont les parquets sauvés de l’irrespect des hommes qui les ont foulés méritent bien quelques protections chirurgicales pour les chaussures contemporaines. Ce château moderne ressemble à un décor cinématographique figé dans son époque. Merci aussi pour tous les liens !

  4. @ mchristinegrimard : Je me suis demandé : et pourquoi pas dans la Galerie des glaces, à Versailles ?…
    L’ensemble (bâtiment et parc) est impressionnant : merci de votre… visite ! 🙂

  5. Arlette dit :

    Même simplicité de lignes que la Villa de Noailles à Hyères, ainsi que d’ingéniosité habitable
    Belle idée les chaussons de protection

  6. gballand dit :

    De la perspective, de fait. Quelque chose qui manque de nos jours 😉

  7. Alex dit :

    Somptueux à l’intérieur ! Une « folie » moderne, dans le style Bauhaus, cette fois pour grand seigneur… Il ne reste plus qu’à y accrocher des Kandinsky et des Picasso, grand format si possible.

  8. @ Alex : Dans la description de son œuvre, Robert Mallet-Stevens écrit (page 4) :

    « Dans le hall, dans les chambres, les maîtres de la maison disposeront un peu partout de fleurs. Des sculptures de Martel, des toiles ou des gravures de Picasso, de Marie Laurencin, de De La Fresnay et de quelques jeunes aux noms inconnus, mais au talent certain, complètent cet ensemble où l’on voit et où l’on respire. »

    (Une Demeure 1934)

    • Alex dit :

      On voit bien que cette demeure à été conçue comme un musée, – style MAM – pour y exposer des œuvres d’art, non seulement d’artistes connus, mais aussi d’inconnus à découvrir.
      On n’accorde jamais assez de place aux jeunes artistes, et pourtant, ils doivent aussi vivre…

  9. pascale dit :

    Robert saluait aussi « le mépris de la routine » du couple Cavrois. Merci donc aux générations d’ouvrières de la filature Cavrois (1887-1991) d’avoir été moins bégueules … pour financer cette demeure!

  10. @ pascale : c’est l’éternel dilemme de la lutte des classes et de sa rencontre avec l’art (voir la valeur d’un tableau de Picasso, communiste par ailleurs), et les « fileuses » ont peut-être même tissé quelques tapis de cette immense habitation, qui a dû forcément « coûter bonbon » à l’époque.

  11. Une villa sévère avec de grands espaces, lumineuse, qui donne sur le vert et le ciel… pas mal, n’est pas ?

  12. @ claudiapatuzzi : oui, immenses baies vitrées… mais aussi trop longs couloirs qui font un peu penser à un hôpital (surtout quand on porte les protections des chaussures…).

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