Au bout de la file (harmonique), la musique de Luigi Nono

(cliquer sur l’image et le petit haut-parleur)

Arrivés presque une demi-heure à l’avance lundi soir, 7 décembre, à cause des nouvelles mesures de sécurité, au bout de la file (harmonique), la musique de Luigi Nono nous attend : son Prometeo, Tragedia dell’ascolto [1] (première version : 29 septembre 1984 à Venise avec Claudio Abbado, deuxième version : 25 septembre 1985 à Milan avec également Claudio Abbado), 2h20 sans entracte, SWR Sinfonieorchester Baden-Baden & Freibourg sous la direction de Ingo Metz Macher et Matilda Hofman, retransmission en direct par France Musique.

C’est la dernière œuvre du compositeur Luigi Nono, mort à Venise en 1990.

Un labyrinthe doux et puissant dans lequel on pénètre au milieu des chœurs et des musiciens installés aussi bien sur le plateau que dans les encorbellements de la grande salle de la Philharmonie 1, avec la mise en jeu d’un dispositif électronique engrené sur le temps réel.

Une expérience forcément « prométhéenne ».

Les textes, récités et chantés, sont empruntés chez Walter Benjamin, Eschyle, Euripide, Goethe, Hérodote, Hésiode, Friedrich Hölderlin, Pindare, Arnold Schoenberg, Sophocle.

« Et si créer, était, justement, éveiller ?

Nulle œuvre contemporaine n’a, autant que celle de Luigi Nono, multiplié l’éveil.

On y a vu longtemps – à tort, je crois –, l’œuvre d’un militant, d’un compositeur engagé, essentiellement préoccupé par le social. C’était laisser de côté cette implacable remise en question de lui-même que rien n’est jamais venu interrompre. D’où les indicibles prolongements de chacune de ses compositions. C’est dans ces prolongements qu’il faudrait pouvoir les aborder. A partir du silence, précisément, où le compositeur se retrouve, chaque fois, face à soi-même. (…) »

Edmond Jabès, Luigi Nono, 1987 (texte extrait du programme).

Merci à Marc Voinchet qui m’a fait la surprise de rediffuser sur son compte, quelques secondes après mon envoi sur Twitter, la mini-vidéo ci-dessus.

Le concert peut être réécouté ou découvert sur France Musique, ici même.

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[1] « Tragédie de l’écoute »

Philh1_DH

Philh2_DH(Photos prises lundi dernier. Cliquer pour agrandir.)

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24 réflexions sur “Au bout de la file (harmonique), la musique de Luigi Nono

  1. brigetoun dit :

    accord sans nuance sur Nono
    et grand merci pour le lien

  2. francisroyo dit :

    merci pour lien FM (j’ai bien dit FM)

  3. gballand dit :

    Je ne connaissais pas ce compositeur. J’écoute avec intérêt son oeuvre grâce au lien fourni par vos bons soins 😉

  4. Merci pour cette découverte pour moi.

  5. Alex dit :

    Merci pour ces découvertes musicales !

  6. Arlette dit :

    D’un blog à l’autre ..( Brigitte)musique pour surfer ,
    vais réécouter un cd – Nono cadeau oublié au fond du tiroir , surprise entendu fm
    Merci d’en parler

  7. Nono c’est mieux que le ni-ni et aussi bien que Nana

  8. Anna2B dit :

    Merci pour ce fil d’Ariane, invitation à découvrir un compositeur mystérieux jusque là, et se laisser embarquer dans son univers « puissant et doux ».

    • @ Anna2B : je regrette que la Philharmonie 1 (la grande salle) ne demeure pas dans l’obscurité pendant les concerts – comme c’est le cas pour la Philharmonie 2 (ex-Cité de la musique) : on est dérangés par la vue des gens qui quittent le concert en plein milieu, comme s’ils n’avaient même pas consulté avant de quel genre de musique il s’agissait… (ou alors, c’était prévu et imposé par le « tour operator » ?).

      • Francesca dit :

        Absolument d’accord, cette grande salle est assez réussie pour qu’on puisse l’admirer mais, de grâce, pas pendant les concerts et que les gens arrêtent d’y tousser et de s’y déplacer incongrûment !
        Merci du lien sur Luigi Nono. Tu nous l’avais déjà donné à écouter en février 2013 (Omaggio a György Kurtág).
        Je viens d’entendre les premières notes de Prometeo… c’est superbe. On distingue mal les choristes : sont-ils nombreux ? J’écouterai en différé cette nuit.

  9. @ Francesca : ils étaient à la fois sur scène et sur un balcon à gauche en arrière de la salle. D’après le programme, ils était dix-sept en tout.

    Mais tout est aussi affaire de sonorisation et d’enregistrement.
    Bonne nuit, alors !

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