encore un jour à tuer

Au

faîte

du mont

sans doute

un peu analogue

le long frémissement

des territoires non encore

défrichés car purs et mentaux

des lacs rivetés de friselis et aussi

corsetés de ces arbres sur leurs rivages

où des Syrtes se lancent le défi de la mort

comme une grotte aux parois noires et blanches

il n’y a pas de monstre au fin fond des eaux dormantes

le peuple sous-marin enfile des combinaisons imperméables

le soleil surplombe les agitations abyssales et rit de leur futilité

le vent fait du ski nautique à la surface des choses et à l’envers offert

et puis le matin rose s’est levé de fort belle humeur encore un jour à tuer

Ferry 24.7.10_DH(photo prise sur un ferry corse le 24 juillet 2010.)

Tagué ,

21 réflexions sur “encore un jour à tuer

  1. brigetoun dit :

    en racine du texte une douceur rose, une constatation qui chaque matin me pèse un chouya

  2. Le matin rose et son frère, le vent, se rient de la futilité abyssale et des agitations du peuple sous-marin.
    Bonne journée à tuer à vous en espérant qu’elle soit paisible à la surface…

    • @ mchristinegrimard : chacun affronte ses vagues (à l’âme ou au cœur), et le quotidien ressemble à des longueurs de piscine… De temps en temps le plaisir de faire la planche ! 🙂

  3. les Caphys dit :

    question : comment s’appelle ce style poétique ? Amitiés cafardesques

  4. gballand dit :

    Belle construction ! Ah, si l’on ne tuait que les jours…

  5. annaurlivernenghi dit :

    Rêve éveillé. (Gracq)

  6. Alex dit :

    Pour chasser les idées noires de l’hiver, et célébrer la lumière du jeune soleil, on a inventé le Nouvel An Chinois et Carnaval.

    • @ Alex : le Carnaval a commencé à Dunkerque et Bailleul (59) et l’année du Singe en Chine… et dans le treizième arrondissement de Paris : les frontières sont abolies (pour certains) !

  7. Anna2B dit :

    Quand la vie déchire, le refuge est parfois souterrain, entrailles sombres et faussement protectrices. On redoute l’escalade, on glisse, le soleil est trop haut.
    Lente et nécessaire remontée.
    J’espère que cette rencontre avec le fond n’est pour vous qu’une entrevue.

  8. Francesca dit :

    Encore sous le charme d’un court mais dense week-end familial, je regarde passer – vite – les nuages au-dessus des toits et je savoure cette journée que je ne veux pas tuer, avec en fin d’après-midi une lecture du dernier Echenoz chez Tschann.
    J’ai justement donné à ma fille quelques-uns de mes Gracq, dont Le rivages des Syrtes

  9. Arlette A dit :

    Mais tout en haut du haut …une étoile?

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