But, do you Caire ? [23]

Comme une sorte de dévoilement

Un jour, même les voitures prirent leur liberté : elles se montrèrent enfin dans leur apparat brillant, relançant les rayons du soleil, jouant avec légèreté dans leur simple ou rutilante carrosserie. Certaines devaient rester cachées sous des surplis, en attendant de regagner la circulation vive et bruyante.

Pour les femmes, en majorité, elles n’avaient plus, semble-t-il, vraiment le choix (il s’agit ici du Caire, en Égypte) : leurs cheveux ne devaient pas être visibles et pour certaines seuls les yeux (comme les phares pour les véhicules) étaient autorisés à percer le jour voire, exceptionnellement, la nuit.

Les automobiles restaient soumises (en attendant celles pilotées sans conducteur) à qui les dirigeait, les mains sur le volant parfois recouvert d’un tissu rouge ; les femmes, à 90 %, respectaient le code de bonne conduite édicté par une société qui, dans des temps lointains, avait connu le président Gamal Abdel Nasser, dont une partie de la population se souvenait encore sans doute avec une nostalgie dissimulée.

voiles_DH

Voiles1_DH

Voiles2_DH

Voiles3_DH(toutes les photos peuvent être agrandies.)

[ ☛ à suivre ]

Tagué , ,

13 réflexions sur “But, do you Caire ? [23]

  1. brigetoun dit :

    tous mes voeux pour que les 10% grignotent peu à peu les 90%
    et que femmes et autos soient libres (et le veulent)

  2. gballand dit :

    Il y a des carrosseries trop tentantes 😉

  3. Alex dit :

    Prendre une voiture ou prendre femme ? That is the question….

  4. Phil dit :

    Article qui me fait penser en écho à peine voilé à celui-ci et rappelle ensuite que si beaucoup de militaires se sont revendiqués de Nasser à sa suite (comme de Gaulle) comme un prétexte ou une autorité morale pour justifier leur coup d’Etat et autres politiques « aventureuses » pour ne pas dire pire (on pensera à Khadafi), dans les faits et l’histoire, il reste sans équivalents politiques. Son objectif était la construction ou la perspective d’une démocratie libérale. Cela semble tout simplement pas croyable aujourd’hui lorsqu’on écoute et regarde le monde contemporain qui nous entoure. Retour à la théocratie et aux vieux mythes d’un monde planifié et normatif à la Orwell pour le bonheur des hommes et des femmes … Tout va bien dans le camp de la liberté.

    • « Démocratie libérale », dites-vous ? Relisez ce passage de l’article (assez ambigü) que vous avez mis en lien :

      « Des dizaines de milliers d’entre elles firent des études universitaires ; certaines s’engagèrent dans des partis politiques. Non seulement elles ne portaient plus le voile, mais elles s’habillaient en débardeur, en minijupe. Aussi incroyable que cela puisse paraître, nous avons dansé le rock’n’roll et le twist, malgré notre haine des Occidentaux. Nous voulions vivre comme eux sans qu’ils nous dominent.
      Cette atmosphère idyllique se dissipa lorsque Israël, soutenu par l’Occident, parvint à vaincre le dirigeant égyptien Gamal Abdel Nasser, en 1967. Cette défaite signifia aussi celle de notre mouvement national et de nos convictions socialistes ; une occasion que les Américains et leurs alliés régionaux ne manquèrent pas de saisir. »

      • Phil dit :

        C’est l’analyse d’une femme arabe et palestinienne, mais c’est avant tout l’analyse d’une femme otage qui exprime un ressentiment vis à vis des images véhiculées et instrumentalisées par l’occident et les islamistes pour nourrir un discours politique.
        Oui démocratie libérale dans le sens ou il me semble que Nasser rejeta à la fois le communiste contemporain de son époque ( il accepta l’aide de l’URSS car il n’avait pas le choix ) , l’Islamisme des Frères Musulmans et instaura les nationalisations ( qui ne représentaient que 10% le reste appartenant à des compagnies privées) pour reprendre la main sur sa politique d’indépendance nationale. Il visait à l’instauration d’une démocratie politique mais par étapes, en essayant d’en créer les conditions primordiales (éducation, redistribution des richesses, émancipation des femmes etc …) Sans ces préalables une révolution dirigée hâtivement de l’extérieure ( Les Faucons puis Printemps) donnent les résultats que nous connaissons dans l’actualité (à qui donne t-on les clefs?) . Nasser avait une vision longue qui manque cruellement aux apprentis révolutionnaires ou démocrates radicaux tous noyés dans un bain de sang qu’ils ne désiraient peut-être pas, mais qui est de fait comme la marque de leurs échecs.

        @ Phil : OK. D.H.

  5. Francesca dit :

    Je n’aurai qu’un commentaire sur la pluie et le beau temps : aujourd’hui, giboulées de mars 🙂

  6. Dom A. dit :

    (moi aussi, j’ai dû sortir avec un foulard)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :