24:7

De l’autre côté des vitres du gymnase du collège Louise Michel, collez vos papiers, vos dessins, vos bonhommes, vos portraits, vos pantins, vos copains, vos maisons, vos couleurs, à côté la voyance voyage, elle n’est pas toujours noire, il ne s’agit pas de magie, ses oreilles sont bouclées, son imagination ouverte, pure et précise, il arrivera ceci quand cela adviendra inéluctablement, je vois beaucoup d’amour et quelques catastrophes, vous naviguerez entre les deux, tenez-vous bien fermement comme La Femme au Podoscaphe (1865) de Courbet, ou débéquillez une splendide Triumph, mettez un casque et un scaphandre, faufilez-vous entre les sur-marins du périphérique, allumez les warnings, vous n’avez pas besoin d’un périscope, vos yeux sont des phares longue portée, klaxonnez les conducteurs inattentifs et tranquilles, assis dans leurs caisses à roulettes avec des carreaux teintés pour jouer aux personnalités politiques ou médiatiques, Wim Wenders pourrait à notre plus grande joie refaire un film dans le style Paris, Texas, et oublier sa photo publicitaire pour des lunettes, mais en attendant nettoyez, vidangez, votre 4 x 4 sort au moins de l’ordinaire, astiquez, faites briller, le soleil demande des surfaces supplémentaires où se refléter, puis installez-vous sur cette petite terrasse rue des Vinaigriers, laissez la trotteuse du temps faire son office avec une constance jamais démentie, et traversez enfin le pont tournant de la rue de la Grange-aux-Belles au-dessus du canal revivifié, alors regardez attentivement, il est là, même un peu esquinté, le petit homme blanc, avec un rendez-vous (peut-être sur Mars) fixé au 24:7.

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Louise8_DH(Paris, 10ème, 27 avril. Cliquer pour agrandir les photos.)

(Ry Cooder, Paris, Texas)

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16 réflexions sur “24:7

  1. annaurlivernenghi dit :

    J’adore quand vous avez une écriture déjantée.

  2. francesca dit :

    La roue de l’article n’est pas déjantée, elle, elle tourne jusqu’à la démonstration finale et c’est toi le témoin des étoiles…

    • @ francesca : mais ce n’est pas la Grande Roue du champion du tape-à-l’œil et au porte-monnaie, massacreur de sites architecturaux et piètre joueur de flonflons…
      Pour les étoiles, le ciel est hélas un peu obscurci ces temps derniers (merci pour ton passage !) 🙂

  3. Dom A. dit :

    Le « hummer » (ou « defender » ?) présent sur l’antépénultième photo nous rappellerait presque l’opération « Tempête du désert », la bien nommée rétrospectivement, au delà de toute imagination. Dans ces conditions, merci pour le rappel de la femme au podoscaphe avec son joli mollet (et ses cheveux follets), propres à faire oublier toutes ces avanies (et framboise, allez, après tout c’est le weekend !)

    • @ Dom A. : oui, ça fait un peu « nettoyage » dans le désert irakien !
      Mais « la femme au podoscaphe » surfe joliment au-dessus de ces contingences et contingents matériels, et tu étais déjà présent lors de sa course picturale… 😉

  4. Alex dit :

    De cet éventail proposé d’images, je choisis la photo n°3, la composition délicieuse de la voyante, dont les gentils yeux rêveurs, grands ouverts sur un mystérieux avenir, ne peuvent que prédire d’agréables et surprenants événements.

  5. Alex dit :

    Concernant « La Femme au Podoscaphe » (1865), Gustave Courbet est en pleine contradiction avec ses enseignements sur la peinture.
    Laquelle représentation est imaginative, n’a rien de réaliste, particulièrement les pieds, comme l’a fait remarquer DH, qui sur ce genre d’embarcation style catamaran des îles, doivent être ancrés sur la planche dans une position très particulière.
    Il n’y a que la position des fesses du postérieur de la dame, qui ont été bien observées.

    • @ Alex : Le petit opuscule cité dans le lien (merci de l’avoir ouvert !) sur « La Femme au Podoscaphe » représentée dans l’un de mes anciens blogs, et qui reproduit notamment la lettre de Courbet à ses élèves datée du 25 décembre 1861 – soit quatre ans avant cette représentation aquatique et très justement « imaginative » – montre que l’artiste a su évoluer depuis une position qui semblait rigide concernant le « réalisme » jusqu’à une création qui, elle, ne l’était apparemment pas.
      Même s’il s’agissait, ne pas l’oublier, chère Alex, d’une simple « esquisse » à partir d’un frêle esquif !
      Ce qui est amusant, d’ailleurs, c’est que, dans cette même lettre, Courbet écrit :
      « Il ne peut pas y avoir d’écoles, il n’y a que des peintres. Les écoles ne servent qu’à rechercher les procédés analytiques de l’art. Aucune école ne saurait conduire isolément à la synthèse. La peinture ne peut, sans tomber dans l’abstraction, laisser dominer un côté partiel de l’art, soit le dessin, soit la couleur, soit la composition, soit tout autre des moyens si multiples dont l’ensemble seul constitue cet art.
      Je ne puis donc pas avoir la prétention d’ouvrir une école, de former des élèves, d’enseigner telle ou telle tradition partielle de l’art. Je ne puis qu’expliquer à des artistes, qui seraient mes collaborateurs et non des élèves, la méthode par laquelle, selon moi, on devient peintre, par laquelle j’ai tâché moi-même de le devenir dès mon début, en laissant à chacun l’entière direction de son individualité, la pleine liberté de son expression propre dans l’application de cette méthode. (…) »
      La contradiction dans l’art (ou sa théorie) est une dialectique pleine de couleurs.

  6. Alex dit :

    Frêle esquisse ou esquif esquissé…
    Merci de ce texte retrouvé, qui rejoint exactement ce que répétait Fautrier, et combien d’autres peintres…
    Les gens veulent à tout prix coller des étiquettes partout, l’originalité de l’artiste les agace. Ainsi que la subtilité des nuances de la pensée.
    Ils ont des âmes de dictateurs au petit pied !

  7. @ Alex : Jolie formule ! 🙂
    Fautrier avait, sans doute, tout compris.
    Les simples amateurs ou spectateurs superficiels ont souvent du mal à se mettre dans la démarche de l’artiste qui innove (mais c’est bien ce qui le différencie d’eux).

  8. Merci pour ce texte et ce partage artistique, pour la moto aussi qui me fait toujours battre le cœur…
    Je voudrais bien « traverser enfin le pont tournant de la rue de la Grange-aux-Belles au-dessus du canal revivifié », le 24:07 (jour de ma fête) pour voir si le petit bonhomme de la dernière photo est venu visiter Paris à votre suite, et au son de cette musique douce et planante…

  9. @ mcrhistinegrimard : les photos sont prises vraiment au hasard mais celui-ci fait souvent bien les choses !
    J’ai toujours rêvé d’avoir une Triumph mais je ne sais pas pourquoi je suis resté bloqué sur Honda… Enfin, la 750 CBK avec 4 cylindres m’a donné de belles joies (rien à voir avec les sensations ressenties en voiture, sauf peut-être une Formule 1…).
    Ce pont tournant (l’un des deux du canal) est situé à côté de l’Hôtel du Nord dont la façade a été conservée… Avec la fameuse passerelle d’Arletty, c’est encore assez cinématographique comme endroit.
    Quant au petit bonhomme, j’espère qu’il va rester assez longtemps dans sa maison ! 🙂

  10. brigetoun dit :

    chez Dom vous ou mon frère que viens de quitter ?
    et les dessins du gymnase du collège ne sont pas sans fraternité avec les oeuvres exposées dans notre salle d’assemblée lozérienne
    mais n’ai pas vu de petit homme blanc

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