À l’image d’un film de SF

Dans le soir intermittent

j’ai rencontré des lampes

des lucioles ou un éclair

de couleur jaune avec des

papillons nocturnes ailés

libres dans le frisson du

ciel démasqué par un flux

de teintes violettes mais

violentes des asparagus à

tire-larigot des asperges

en bottes le champ devenu

comme adamantin avec seul

le bousculement des vents

poussant les nuages de l’

autre côté d’une vision à

limitation déterminée par

la loi instaurée sans que

personne ne l’ait rejetée

le regard devait être oui

autorisé avant il fallait

se plier à la lumière des

encadrements légaux je ne

comprenais pas Œdipe donc

devenu aveugle avant ceci

à l’image d’un film de SF

se déroulant au clap d’un

dé maléfique à cinq faces

tournoyant dans l’instant

gravitationnel j’en riais

au milieu du silence déjà

les arbres se mettaient à

marcher vers ce lac moiré

un aigle ou un drone j’ai

eu du mal à distinguer la

réalité planait au-dessus

de la surface mes yeux se

sont obscurcis j’ai eu la

révélation qu’ils ne sont

plus utiles le noir alors

devient le havre entier à

l’aplomb du définitif les

couleurs ont disparu déjà

il s’agit de savoir si la 

musique clôt l’horizon et

les paupières quand alors

l’impossible est advenu à

l’improviste déchiquetant

l’avenir comme il l’avait

fait du passé sans aucune

perspective maintenant ni

visible ni compréhensible

Autoroute31.10.15_DH(photo prise le 31.10.2015. Cliquer pour agrandir.) 

Tagué

15 réflexions sur “À l’image d’un film de SF

  1. brigetoun dit :

    et nous, nous dégustons le fruit plein de sens de votre virtuose maniement des mots

  2. @ brigetoun : simple exercice dactyle !

  3. lanlanhue dit :

    SF, fiction des mots, du regard comme fil à plomb ?

  4. Alex dit :

    Les mots s’enchaînent et volent autour de moi, « l’impossible est advenu à l’improviste ».

  5. Les mots s’encadrent et se dégustent, en colonne ou en musique, alignés à l’aplomb de nos pensées.

  6. Alex dit :

    Je voulais dominer les mots lorsque j’étais à l’école. Peu à peu, j’ai compris qu’il fallait les laisser s’approcher pour les apprivoiser.

    Ou bien, venus du fond des âges, ce sont eux qui veulent nous apprivoiser…

  7. Lucien Suel dit :

    En l’occurrence, la colonne est devenue une bobine de film ! Bravo !

  8. Francesca dit :

    Ton « lac moiré » m’a remis en tête « L’inconnu du lac », film vu à sa sortie, donné hier soir sur Arte.

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