Archives du 06/06/2016

S’atteler, de temps en temps, à l’atelier d’écriture de François Bon

Hier matin, j’ai écrit rapidement ce texte, suscité par le nouvel atelier d’écriture d’été (sans tomber dans le Léthé) de François Bon, qu’il a lancé sur son site le tiers livre.

Je ne me fatigue donc pas, je recopie tout simplement ce que je lui ai envoyé, c’était alors la quatrième contribution (dans l’ordre chronologique des arrivées), et je le remercie ici de l’avoir publiée.

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Atelier FB 5.6.16_DH(cliquer sur la photo pour l’agrandir.)

– sa table de travail est petite, faite de matière métallique, avec des alvéoles octogonales à travers lesquelles les mots tombent parfois sur le plancher en bambou ;

– l’ordi semble la seule fenêtre en face, l’autre se trouve sur la droite, il faut tourner la tête pour l’apercevoir et pouvoir aller ensuite sur le balcon donnant sur un grand jardin en contrebas ;

– trois gravures de sa fille, collées au mur en attendant un improbable encadrement, l’emmènent vers l’époque des travaux manuels et des cours de dessin au lycée ;

– sur la gauche, on aperçoit l’amorce d’étagères avec des livres (André Breton tout près, dans le désordre mais pas dans la Pléiade), une carte postale de l’Ensemble Intercontemporain ;

– le rayon SF est perché tout en haut, mais il existe pour toute cette bibliothèque un « deuxième rayon » – comme lorsque l’on parlait des ouvrages interdits aux âmes innocentes – et cela décourage parfois les recherches ;

– en fait, il ne s’agit pas d’une « table de travail » mais de rêve, d’imagination, de création (beau mot pour exercices), d’espace ouvert grâce à l’écran du MacBook ;

– on pourrait dire que cela ressemble à un pont de décollage de porte-avions (l’atterrissage est cependant une manœuvre délicate et élastique) ;

– quand il tape sur le clavier, il repense souvent à la machine à écrire de son père (une Japy qu’il a conservée précieusement), avec sa petite sonnette quand le charriot arrive à bout de course avant le retour à la ligne et l’écrit s’arrête alors au bout du rouleau avant de donner un petit coup de levier ;

– la souris, qui n’est pas d’origine, émet une petite lumière bleue avec un « m » qui lui fait toujours penser, paradoxalement, à « la marque jaune » de la BD ;

– tout ce qu’il écrit sur sa machine est relié automatiquement à un service spécialisé de la DGSI et son bureau est filmé en permanence (comme le prouve la photo ci-jointe) par une mini-caméra du ministère de l’Intérieur installée obligatoirement, comme les détecteurs de fumée, dans toutes les maisons et appartements de France : mais le savoir est une liberté grande.

DOMINIQUE HASSELMANN

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