S’atteler, de temps en temps, à l’atelier d’écriture de François Bon

Hier matin, j’ai écrit rapidement ce texte, suscité par le nouvel atelier d’écriture d’été (sans tomber dans le Léthé) de François Bon, qu’il a lancé sur son site le tiers livre.

Je ne me fatigue donc pas, je recopie tout simplement ce que je lui ai envoyé, c’était alors la quatrième contribution (dans l’ordre chronologique des arrivées), et je le remercie ici de l’avoir publiée.

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Atelier FB 5.6.16_DH(cliquer sur la photo pour l’agrandir.)

– sa table de travail est petite, faite de matière métallique, avec des alvéoles octogonales à travers lesquelles les mots tombent parfois sur le plancher en bambou ;

– l’ordi semble la seule fenêtre en face, l’autre se trouve sur la droite, il faut tourner la tête pour l’apercevoir et pouvoir aller ensuite sur le balcon donnant sur un grand jardin en contrebas ;

– trois gravures de sa fille, collées au mur en attendant un improbable encadrement, l’emmènent vers l’époque des travaux manuels et des cours de dessin au lycée ;

– sur la gauche, on aperçoit l’amorce d’étagères avec des livres (André Breton tout près, dans le désordre mais pas dans la Pléiade), une carte postale de l’Ensemble Intercontemporain ;

– le rayon SF est perché tout en haut, mais il existe pour toute cette bibliothèque un « deuxième rayon » – comme lorsque l’on parlait des ouvrages interdits aux âmes innocentes – et cela décourage parfois les recherches ;

– en fait, il ne s’agit pas d’une « table de travail » mais de rêve, d’imagination, de création (beau mot pour exercices), d’espace ouvert grâce à l’écran du MacBook ;

– on pourrait dire que cela ressemble à un pont de décollage de porte-avions (l’atterrissage est cependant une manœuvre délicate et élastique) ;

– quand il tape sur le clavier, il repense souvent à la machine à écrire de son père (une Japy qu’il a conservée précieusement), avec sa petite sonnette quand le charriot arrive à bout de course avant le retour à la ligne et l’écrit s’arrête alors au bout du rouleau avant de donner un petit coup de levier ;

– la souris, qui n’est pas d’origine, émet une petite lumière bleue avec un « m » qui lui fait toujours penser, paradoxalement, à « la marque jaune » de la BD ;

– tout ce qu’il écrit sur sa machine est relié automatiquement à un service spécialisé de la DGSI et son bureau est filmé en permanence (comme le prouve la photo ci-jointe) par une mini-caméra du ministère de l’Intérieur installée obligatoirement, comme les détecteurs de fumée, dans toutes les maisons et appartements de France : mais le savoir est une liberté grande.

DOMINIQUE HASSELMANN

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21 réflexions sur “S’atteler, de temps en temps, à l’atelier d’écriture de François Bon

  1. brigetoun dit :

    bravo
    (pour moi ai pas sauté le pas, ai regardé, filmé (pour moi) me suis dit devrais mettre de l’ordre, mais ne suis pas passée au texte, n’ai pas trouvé comme vous le chemin… et un prolongement dans notre monde actuel)

  2. nanamarton dit :

    Après le trot attelé, l’écrit attelé : haletant !

  3. Dom A. dit :

    Avec l’arrivée des nouvelles technologies, mon (ou « son », pour respecter l’attelage) deuxième rayon est devenu si poussiéreux que même une âme impure ne s’y risquerait plus.

  4. Jean-Pierre dit :

    Nous attendons avec impatience le compte rendu de ta visite chez François Le Bon, notre Président si peu aimé…

    • @ Jean-Pierre : Je n’ai pas encore reçu l’invitation élyséenne (mais je ne participe pas à l’Euro comme joueur de foot) !

      • Jean-Pierre dit :

        Je suggère: « s’atteler de temps en temps à l’Atelier H. de Francois Le Bon ».

        @ Jean-Pierre : non, je pense que ceci risquerait de créer des confusions dommageables… D.H.

  5. Désormière dit :

    J’ai la même petite table. Cependant, il y a déjà longtemps que je l’ai dédiée à mon ancien ordi rond et rose (non, je ne me résous pas à m’en séparer). Ma table est à nouveau ce gros bureau en bois acheté par mon père, à la suite du désarmement du paquebot France. Mais oserais-je décrire son fouillis ?

    • @ Désormière : Je me suis hélas séparé de mon iMac ovoïde, bleu et gris, quand le disque dur a sauté : je le regrette souvent (pour son esthétique).
      Hasard des tables tournantes (même rectangulaires) ! 🙂
      Mais je suis persuadé que votre bureau, rescapé du paquebot chanté par Michel Sardou, pourrait faire le bel objet d’une description tout à fait maritime et qui ouvrirait aux lecteurs des horizons de voyages…

  6. Alex dit :

    L’invitation à écrire… J’aimerais bien avoir aussi la petite table juste pour l’ordinateur…
    Mon ordi et mon iPad sont nomades, ils vont d’une pièce à l’autre.
    Un jour, une autre photo avec les gravures éclairées ?

    • @ Alex : oui, justement, l’invitation au voyage… Mais malgré leur caractère nomade (un ordi portable l’est par définition), rien ne vous empêche de décrire leurs pérégrinations !
      Gravures : pourquoi pas ?

  7. Alex dit :

    Atelier d’écriture de François Bon :
    Très apprécié le texte d’Elsa Bergegère, c’est aussi mon cas, ma cuisine est une véritable pièce, et un centre de réflexion et d’action. (D’ailleurs, il paraît que les révolutions se préparent d’abord dans les cuisines !).
    Mon autre pièce, la chambre, un autre centre de réflexion, cette fois précédée du rêve, donc encore plus spontanée.
    Très apprécié le texte de Marie-Christine Grimard, précieux et poli comme un bijou. Les mots recherchés se dégustent.

    • @ Alex : merci pour elles !
      Votre cuisine est tout à fait indiquée : ne parle-t-on pas d’un « plan de travail » dans ce lieu ?

      • Alex dit :

        Élaborer un plat fait appel à la mémoire, à l’observation, à l’expérience, à la pensée logique et intuitive en même temps…au sens esthétique…
        Bref, toutes les facultés entrent en jeu, plus la conscience du Temps…on fait de l’alchimie empiriquement sans le savoir…entre le laboratoire et le temple…
        Les pensées s’y imprègnent et continuent d’y flotter…
        C’est pourquoi on est si bien pour y écrire.

  8. @ Alex : alors, à vous de jouer ! 🙂

  9. Francesca dit :

    On peut remercier François Bon de ses initiatives incitatives ! S’y coller, peut-être, avant la fin août ? En attendant de se décider, apprécier grandement les diverses contributions, la tienne, celle de la toujours merveilleuse Marie-Christine Grimard et peut-être bientôt celle d’Alex…

  10. @ Francesca : les « peut-être » sont un des plaisirs du suspense littéraire !

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