« Artaud en juste 100 mots »

François Bon, dans son atelier d’écriture « Back to basics, 4 | Artaud en juste 100 mots« , proposait d’imaginer, pour le numéro 4, un texte limité dans son nombre de mots et relatif à un « état mental » tel ceux qu’a pu décrire Antonin Artaud.

Voici ma contribution envoyée le 10 juillet et publiée sur le site « le tiers livre ». J’ai juste rajouté ici une photo prise le 16 juillet à Bailleul (Nord).

Il paraît que le prochain atelier se profile déjà à l’horizon.

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Bouleau, 16.7.16_DH(photo : cliquer pour agrandir.)

Ombilic difficile à couper, c’est même inique, le lien est une brûlure progressive. Dans le soir indigo, rétractation du sentiment innommable (inventer le mot adéquat). Mais la fatigue de l’esprit, comme les ailes du corbeau d’Edgar Allan Poe, fait le noir total. Comment soutenir cette déréliction, ces multiples décharges électriques survoltées ? Ensuite l’engourdissement blême ressemble à un envol vers le firmament (maternel) et rassemble le désir de s’élever. Dans la pharmacie, ils pèsent les nerfs, même pour les bœufs, et soudain le tourbillon du vertige vomitif l’emporte. Il resterait à galoper mentalement avec les chevaux, le mors aux lèvres.

DOMINIQUE HASSELMANN

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15 réflexions sur “« Artaud en juste 100 mots »

  1. brigetoun dit :

    lu sur site – et aimé
    eu du mal, mais finalement y suis arrivée comme pouvais (pas vos images comme la pesée des nerfs..)
    pour le prochain attendrai sans doute

  2. @ brigetoun : mais vous avez tant d’activités… 🙂

  3. Plaisir de relire ce beau texte.
    Le regard de ce bouleau semble accusateur, nous reprochant l’innommable de notre conduite ?
    Belles ombres !

  4. annaurlivernenghi dit :

    Le mors aux lèvres. Ça vous convient tout à fait.

  5. Arlette A dit :

    Pas facile … et le visage grimaçant du bouleau

  6. Alex dit :

    L’arbre te regarde, il t’accuse. Tu veux son ombre, tu veux sa beauté et sa force, mais un jour tu vas le torturer, l’assassiner, le brûler…tes yeux avides et sans pitié lui font déjà mal.

  7. Godart dit :

    Votre texte donne l’envie de relire Artaud. Même si la lecture de celui-ci n’est pas toujours facile.

  8. Francesca dit :

    Bravo pour ton texte ! Passé un temps fou, d’abord à écouter FB dire son projet, puis à relire « L’ombilic des limbes » qui, oui, perd trop facilement ses pages. Retournée ensuite sur le site de Thierry Beinstingel sous le soleil sicilien. Il est 11h56, j’ai beaucoup voyagé dans mon fauteuil !

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