Archives du 01/10/2016

« Beat Generation » revisitée [2]

Ces machines à écrire (« Chariot, sweet chariot ») nous mettent immédiatement le rythme dans les doigts : le clapotis des touches rondes et le retour du cylindre, avec sa sonnette de vélo au timbre unique, laissaient courir l’imagination sur le papier. La contrainte était difficile, il fallait revenir en arrière sur les fautes de frappe, les effacer avec du « corrector » – il n’était pas encore automatique – et puis repartir de plus belle. La surface se laissait transpercer parfois sans rechigner.

Il était logique que William S. Burroughs porte aussi le nom d’un instrument permettant d’aligner des mots sous une forme apparemment standardisée.

J’ai été étonné d’apercevoir (hasard ou volonté délibérée ?), dans une des premières salles de l’expo, ce type avec un T-Shirt portant les deux chiffres de l’année où Allen Ginsberg publia son poème Howl, cette longue et magnétique incantation à l’existence, œuvre qualifiée d’« obscène » par la Cour municipale de San Francisco avant qu’elle ne reconnaisse plus tard (indique le dépliant informatif) son « importance sociale rédemptrice ».

Les surprises se succèdent au fil du parcours, au fur et à mesure de l’incursion dans les espaces noircis du musée. La photo règne en maîtresse, mais les affiches, les films, les musiques participent ensemble à un joyeux capharnaüm où l’audace se mêle – presque comme dans un temps parallèle – à une sorte de nostalgie présente : City Lights, for ever.

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beat16_dh(photos : cliquer pour agrandir.)

[ ☛ à suivre ]

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