« Beat Generation » revisitée [6]

Je retrouve sur les cimaises Henry Miller et Jack Kerouac qui ont tous les deux vécu et écrit (l’un en 1957, l’autre en 1962) à Big Sur (Californie), immensité océanique, tremplin ou planche nautique (Big Surf !) pour voguer sur les rêves, les entrelacs de l’esprit dévergondé, les flux et reflux des marées mentales, les parfums exotiques, les champignons aux petits oignons, les fumées et boissons aphrodisiaques, les images paradisiaques, les sensations hypocondriaques ou hystérisées, les torrents poétiques, les extases érotiques et historiques, les caresses du vent et la fuite ininterrompue des nuages en grappes de moutons, les routes qui défilent au rythme de la Plymouth et de sa radio de bord à deux boutons, les mots qui se font la guerre, la paix et l’amour, le soleil qui se mire dans les lunettes qu’il a créées lui-même pour se laisser approcher, les fiasques de whisky et le fiasco de la mélancolie, les frasques à la tombée de la nuit, les fresques bariolées hors des cavernes et sur les murs des villes, le bout incandescent des cigarettes qui n’acceptent que des extincteurs minuscules, la bouche au rouge-à-lèvres qui vient dans l’instant mettre au second plan toute littérature.

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beat49_dh(Jean-Jacques Lebel, Portrait présumé d’Ezra Pound, 1962.)

beat50_dh(toutes les photos peuvent être agrandies.)

(Eagles, Hotel California)

[ ☛ à suivre ]

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12 réflexions sur “« Beat Generation » revisitée [6]

  1. brigetoun dit :

    et le texte (avec dans l’énumération ou la tentative d’énumération de tout ce qui vient avec ces noms, cette jolie formule « le soleil qui se mire dans les lunettes qu’il a créées lui-même pour se laisser approcher ») s’accorde tant au plaisir que l’on a de croire un instant qu’on est en train de circuler entre les oeuvres, photos, textes, vidéos à Pompidou

  2. Bravo pour ce texte spectaculaire où les mots semblent chalouper au son des « seventies » et merci pour Hotel California !

  3. J’adore la « Poem Machine » !!!

  4. PdB dit :

    sans compter la musique des aigles (« l’amour vaincra toujours et partout » on aime ça) (surtout quand ça nous vient d’Italie) (et en effet pour la visite…)

    • @ PdB : merci pour ton passage. Souvent les touristes étrangers affichent le lieu d’où ils viennent (mais, nous, on peut aussi se balader avec un sac marqué « Bologne »…) !

      • Francesca dit :

        Oui, cette jeune femme est peut-être une Française récemment revenue de Rome où l’amour vainc tout, comme à Paris.
        Le texte est une très belle « tentative d’épuisement… » du lieu de l’expo !

  5. @ Francesca : évidemment. Comme les T.shirts « Honolulu » que l’on peut trouver à Paris ou ailleurs… 🙂

  6. Alex dit :

    Superbe phrase de 13 lignes, d’un seul souffle, â la manière de Proust, ou Ruskin, style fin de siècle dépoussiérée, mais l’aisance en plus !

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