Mercedes 300 SL avec souvenir bisontin

(cliquer sur l’image et le petit haut-parleur.)

Lorsque j’étais étudiant en philo à la fac des lettres de Besançon (Doubs), j’ai eu comme prof, qui a dirigé mon mémoire de maîtrise sur Nietzsche, André Vergez, l’auteur, avec Denis Huisman, du célèbre manuel pour classes terminales : première fois où l’on voyait des illustrations concernant Platon, Spinoza, Kant, Hegel ou Sartre dans ce genre de livre pédagogique touchant à un domaine réputé sérieux voire austère.

Dans la cour de la rue Mégevand, André Vergez, ses petites lunettes sur le nez, arrivait le matin à bord de sa splendide Mercedez 300 SL et il faisait l’admiration de tous : les portières « papillon » de son cabriolet se levaient, comme dans un battement d’ailes de la chouette de Minerve, il s’extrayait de son véhicule et les étudiants se retenaient presque d’applaudir tout à la fois la performance mécanique, le choix esthétique et l’originalité de l’automobile allemande d’avant-garde.

Cette voiture aurait peut-être plu à Nietzsche, en lui évitant sa funeste rencontre avec le cocher du cheval de Turin.

Depuis, j’ai gardé un faible pour la Mercedes 300 SL, et ma Dinky Toys (fabriquée en Chine en 1990), acquise pour un prix modique, représente sûrement une sorte de substitut ou de chosification de ce souvenir bisontin ; elle possède même l’avantage écologique de consommer zéro litre d’essence aux 100 km.

mercedes-300-sl_dh(photo : cliquer pour agrandir.)

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29 réflexions sur “Mercedes 300 SL avec souvenir bisontin

  1. brigetoun dit :

    bon goût – moi j’avais un faible pour la berlinetta Ferrari et pourtant n’avais pas si merveilleux professeur (laquelle prenait le métro d’ailleurs) – superbe évocation et du professeur et de la voiture et ses battements d’aile

  2. @ brigetoun : on a tous des profs qui nous ont marqué…
    Mais comme disait NKM hier soir (vêtue de rouge), on embauchera dorénavant des contractuels, la fonction publique n’a rien à voir avec l’enseignement « qui n’est pas une fonction régalienne de l’État ». 😉

  3. lanlanhue dit :

    objets inanimés et tout petits… qui avez une âme et une histoire

  4. ici c’était la 2cv Charleston du début des années 80, conduite par un « grand » qui passait le bac et le prof de français, sévère et inoubliable, c’était M. Regneault.

  5. @ colorsandpastels : il me semblait bien… 🙂

  6. PdB dit :

    (et qui chante derrière « quelle indécision, toi maintenant, alors qu’est-ce que tu vas faire ? » ?) (j’aurai dit Robin McKelle) (mais j’aime (aussi) celle d’Ella) 🙂

  7. Alex dit :

    La marque Mercedes fait toujours rêver, même dans les endroits les plus reculés de la planète…
    Le gouvernement par les sages, ou les philosophes – comme le voulait Platon – tels les druides en pays celtiques ou les brahmanes aux Indes –
    Druides et brahmanes conseillent plutôt le politicien, le kshatrya – qui, on l’a vu hier soir sur TF1, brûle d’envie de s’élancer dans l’arène…

  8. Désormière dit :

    La nostalgie n’est pas vraiment mon lot. Mais là, vous m’avez piégée, avec un souvenir qui, de plus, ne m’appartient pas. J’ai pu imaginer les regards complices de ces étudiants, admiratifs. Goûtant un plaisir sans arrière pensée, Et – ah – ce mouvement cinématographique des portières « papillon »… Evoluer, vivre avec les contraintes de son époque en les comprenant et les acceptant, ne m’empêche pas d’avoir un petit pincement en pensant qu’aujourd’hui, la mercedes, ce bel objet, risquerait d’être mal vue, au profit d’un enthousiasme pour le prof qui arrive à bicyclette…

  9. @ Désormière : Le Vélib’ n’existait pas encore et Françoise Sagan se contentait d’une Jaguar.
    Le vélo s’est démocratisé, mais les redevables de l’ISF sont tranquilles quand ils entendent, comme hier soir sur TF1, le programme des sept samouraïs de la droite (à part la quelque peu modérée NKM) visant à supprimer un impôt injuste, insupportable et décisif pour « l’émigration » hors de France pour ces pauvres « entrepreneurs » assujettis à l’iniquité actuelle.
    Nous, on se contente alors de modèles réduits ! 🙂

  10. Arlette A dit :

    ce « plus « du génial prof et ce côté peu commun ont, il me semble, fait vriller les esprits

  11. Francesca dit :

    Ah bon, élève de Vergez ? Bigre ! Je me souviens avoir été – je n’étais plus étudiante depuis longtemps – marquée par son travail sur Fourier. Etonnant qu’un prof ait pu s’offrir une telle Mercedes, l’une des dernières à être belle avant une série de grosses bagnoles pour m’as-tu-vu pleins de sous et de soupe…
    Dans les 50’s, les profs sportifs arrivaient déjà à vélo, les pantalons larges cernés de pinces qu’ils ôtaient vivement en mettant pied à terre, parfois en Vespa bleue comme ma délicieuse prof d’anglais ou en sidecar pétaradant comme mon prof de maths. Mais je me souviens surtout de M. Lépiney, brillant prof de latin qui passa son agrégation l’année de ma 3ème. Il habitait au bout de ma rue, me laissait choisir dans sa bibliothèque des livres que nous commentions ensuite, m’écoutait toujours avec bienveillance et apaisait mon esprit frondeur. Il m’évita de nombreux retards en nous prenant au vol, moi et mon cartable, dans sa Panhard Dyna vert anis.

    • @ Francesca : Difficile d’échapper ici à Charles Fourier, né, comme Victor Hugo, à Besançon…
      Je te recommande aussi le livre de Pascal Bruckner sur Fourier (Écrivains de toujours, Seuil 1975, N°98).
      Peut-être qu’André Vergez (agrégé) avait durement économisé ou acheté sa voiture d’occasion !
      Évidemment, la Dyna Panhard aurait fait un peu moins « classe » (si j’ose dire) qu’une Mercedes. 🙂

  12. Harlon dit :

    I was thinking, just thinking, nothing more, but I thought that Aretha Franklin’s Pink Cadillac would make for an eclectic soundtrack to this post. Hope all is good. Harlon

  13. Bigre ! Plus je passe de temps avec toi (virtuellement s’entend) moins je me sens autorisé à te fréquenter. Je me sens si petit, si peu lettré, n’ayant pour seuls bagages que….passons, ça n’en vaut pas (plus) la peine.
    Nous avons cependant en commun d’avoir admiré (aimé ?) un ou plusieurs professeurs.
    Telle cette prof de français que je fis pleurer un après-midi, elle sentait que je m’échappai, que, par un défi idiot, je me refusai à son enseignement. Il devait y avoir un peu plus derrière tout ça. J’étais en classe de première, je ne savais pas encore ce que je découvris plus tard….
    Et ce prof de philo l’année suivante. J’avais migré vers un autre lycée, dans une autre ville. Pour échapper à la belle brune à la peau si mate ? Je ne sais plus.
    Il était curieux celui-là qui nous enseignait à penser. Il aimait à traîner avec nous, je me demande si parfois il ne séchait pas ses propres cours.
    Un autre encore, à la fac cette fois. Je laisse le petit bonhomme l’évoquer.
    Soliloque pour une autre fois

    • @ DefrrancoisJose : aucune autorisation nécessaire… et pas de complexe quelconque à avoir !
      Oui, les profs sont importants, c’est bien pour ça que tous les projets de la droite pour les prochaines présidentielles, concernant notamment l’enseignement, sont vraiment à sabrer d’un trait de crayon rouge.
      Je lirai avec plaisir tes propres souvenirs !
      Dominique

  14. Rue Mégevand et c’est mes 20 ans qui reviennent

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