Archives du 18/01/2017

Quelques photos prises à main levée lors de « Soulèvements », l’exposition de Georges Didi-Huberman au musée du Jeu de Paume à Paris [3/4]

Si Mai 68 se retrouve cloué aux cloisons de l’expo « Soulèvements », mise en scène par le Commissaire Georges Didi-Huberman, c’est aussi parce que les murs ont toujours la parole : le graffiti a remplacé, pour le moment, le slogan politique, mais il s’agit encore de surfaces offertes – au corps défendant des municipalités qui n’ont pas encore trouvé les revêtements ad hoc empêchant ces intrusions scripturales incongrues dans la monotonie des rues – à l’invention, à l’imagination, à la réaction à un événement (attentats, élections…) d’écrivains ou dessinateurs sur pierre, béton ou crépi, comme existaient des « écrivains publics ») ou simplement à l’efflorescence d’une idée poétique, d’un projet pragmatique, d’une simple fleur rouge ou d’un portrait de femme.

Plaisir, au hasard des cadres regardés, de retrouver des photos de Gilles Caron, celui qui « immortalisa » le sourire ironique et de défi de Daniel Cohn-Bendit face à un CRS devant la Sorbonne le 6 mai 1968, cette année des barricades du Quartier latin qui allait déborder jusque dans la France entière réveillée par ce mouvement. On pense alors aux manifestations de l’année dernière, « Nuit Debout », qui débutèrent à Paris le 31 mars, et furent en quelque sorte le contraire physique d’un « soulèvement  » : la position assise, pacifiste, reconduite matin après matin comme une petite flamme qu’il fallait entretenir coûte que coûte, avec ses discussions à n’en plus finir, comme une utopie que l’on sentira progressivement vaciller (en partie à cause des provocations de tous ordres), même si « une étincelle peut mettre le feu à toute la plaine » (Mao-tsé-Toung).

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soul23_dh(Gérard Fromanger, avec Jean-Luc Godard, Film tract, N°1968, 1968.)

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soul32_dh(photos : cliquer pour agrandir.)

[ ☛ à suivre ]

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