Quelques photos prises à main levée lors de « Soulèvements », l’exposition de Georges Didi-Huberman au musée du Jeu de Paume à Paris [3/4]

Si Mai 68 se retrouve cloué aux cloisons de l’expo « Soulèvements », mise en scène par le Commissaire Georges Didi-Huberman, c’est aussi parce que les murs ont toujours la parole : le graffiti a remplacé, pour le moment, le slogan politique, mais il s’agit encore de surfaces offertes – au corps défendant des municipalités qui n’ont pas encore trouvé les revêtements ad hoc empêchant ces intrusions scripturales incongrues dans la monotonie des rues – à l’invention, à l’imagination, à la réaction à un événement (attentats, élections…) d’écrivains ou dessinateurs sur pierre, béton ou crépi, comme existaient des « écrivains publics ») ou simplement à l’efflorescence d’une idée poétique, d’un projet pragmatique, d’une simple fleur rouge ou d’un portrait de femme.

Plaisir, au hasard des cadres regardés, de retrouver des photos de Gilles Caron, celui qui « immortalisa » le sourire ironique et de défi de Daniel Cohn-Bendit face à un CRS devant la Sorbonne le 6 mai 1968, cette année des barricades du Quartier latin qui allait déborder jusque dans la France entière réveillée par ce mouvement. On pense alors aux manifestations de l’année dernière, « Nuit Debout », qui débutèrent à Paris le 31 mars, et furent en quelque sorte le contraire physique d’un « soulèvement  » : la position assise, pacifiste, reconduite matin après matin comme une petite flamme qu’il fallait entretenir coûte que coûte, avec ses discussions à n’en plus finir, comme une utopie que l’on sentira progressivement vaciller (en partie à cause des provocations de tous ordres), même si « une étincelle peut mettre le feu à toute la plaine » (Mao-tsé-Toung).

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soul23_dh(Gérard Fromanger, avec Jean-Luc Godard, Film tract, N°1968, 1968.)

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soul32_dh(photos : cliquer pour agrandir.)

[ ☛ à suivre ]

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12 réflexions sur “Quelques photos prises à main levée lors de « Soulèvements », l’exposition de Georges Didi-Huberman au musée du Jeu de Paume à Paris [3/4]

  1. Alex dit :

    Belle phrase de 8 lignes, à la Marcel Proust, mais en plus énergique !
    Nuit Debout, manifestation pacifique à la manière de Gandhi – qui lui-même s’était inspiré des fenians irlandais.
    Et 1946, Gandhi a tout de même réussi l’Indépendance de l’Inde.

  2. brigetoun dit :

    Gandhi je crois s’adressait davantage à la profondeur du peuple … de bien belles choses (et oui un beau commentaire)

  3. J’aime bien la révolution suisse
    Beau Michaux

  4. PdB dit :

    nous sommes aujourd’hui le 324 mars et l’esprit de Nuit Debout, même édulcoré, reste à nos mémoires… j’aime beaucoup le sourire de « Dany le rouge » (en lien)

  5. Francesca dit :

    Mais quelle allumette gratter pour provoquer l’étincelle, sans revivre les espoirs déçus de 68

  6. @ Francesca : il faut choisir la bonne boîte (neutre ?) chez un buraliste, du moins tant qu’elles sont encore en vente libre ! 🙂

  7. 68 c’est comme un soufflé, ça gonfle et puis ça retombe. Et Dany le rouge s’est vite échappé de la gargote pour rejoindre les cuisines du Ritz

    • @ les cafards : parlez-en aux femmes (par exemple) qui ont acquis une certaine liberté alors !
      Et la cuisine du Ritz est sans doute de meilleure qualité que celle du Fouquet’s :et le soufflé y est impressionnant, dit-on (Daniel Cohn-Bendit n’a pas abandonné toutes ses idées d’origine, contrairement à certains).

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