Et vice-Versailles [5]

Il ne saurait être question de remplacer la visite même du château de Versailles par les multiples vidéos et films (y compris celui de Sacha Guitry…!) qu’il a inspiré. Dans la réalité, ce n’est pourtant pas avec seulement quelques heures que l’on peut en exécuter le tour.

La promenade se fait sur place selon le hasard de ce qui se présente au regard ou à l’oreille, une fois l’édifice et ses escaliers donnant sur l’extérieur laissés derrière soi. Déchirant le silence des oiseaux muets, on entend des tirs redoublés, sans doute un terrain d’exercice militaire se dissimule-t-il pas très loin, tout à fait en phase avec les soldats de l’opération « Sentinelle » qui jouent aux gardes royaux, leur uniforme assorti tout simplement avec les couleurs hivernales des jardins.

La perspective du Grand Canal (1,670 km de longueur) prolonge l’ordonnancement des lieux, non encombrés comme en été par les joggers, les rameurs, les familles à poussettes et les amoureux toujours seuls au monde.

Quand on quitte, par la même cour pavée qu’à l’aller, l’immense bâtiment et ses dérivées bucoliques, on peut croire que l’on a, une fois encore, rêvé et qu’il était impossible de croire qu’une telle construction ait été réalisée par des ouvriers au service de la gloire de la royauté, il y a de cela plus de quatre siècles.

Mais il est vrai que les pyramides égyptiennes ont franchi, elles, le cours des millénaires : la relativité du temps a été démontrée depuis, à l’instar de l’éternité de la beauté architecturale ou humaine qui se propose et s’impose avec ou sans mathématiques.

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vers38_dh(« La Saône ».)

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vers40_dh(photos : cliquer pour agrandir.)

(Jean-Philippe Rameau, une des Suites pour clavecin, L’Egyptienne, en sol mineur. Interprète : Scott Ross.)

[ ☛ à suivre ]

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21 réflexions sur “Et vice-Versailles [5]

  1. brigetoun dit :

    merci pour Rameau – mais à Versailles il y a aussi un petit parfum de fragilité dans la fatigue des statues attaquées par des siècles de pluie et un peu de pollution, dans la végétation qui a envahi les bosquets (quoiqu’une campagne de travaux nous en ait restitué une approximation) – il est vrai que le sable et le vent avaient presque englouti le sphinx et enterré un peu les pyramides, et que là aussi les hommes au cours des siècles ont sévi avant d’apprendre à conserver

  2. Merci aussi pour Rameau et Scott Ross

  3. @ colorsandpastels : Dans mon Petit Robert, c’est le mot « guilloche » qui le suit : « Burin à guillocher » (comme chacun sait), qui a dû être très utilisé à Versailles à des fins plus artistiques que lors de la « rectification » de Louis XVI ! 🙂

  4. Francesca dit :

    Les petites touristes asiatiques vont emporter des selfies sur fond grisâtre et pelé, elles auraient dû attendre l’explosion des fleurs du jardin, mais si elles se sont retournées en partant elles ont dû être encore éblouies par la beauté des ors éclatants sur fond de ciel gris.

  5. Alex dit :

    Beauté à couper le souffle, heureuse conjugaison de l’architecture, des plans d’eau reflétant le ciel nuageux, les sculptures rassurantes des dieux pérennes, des jardins de Le Nôtre à la gloire de la raison, toute cette beauté, d’autant plus visible en hiver, à été façonnée à main d’homme, par des ouvriers qui étaient fiers de leur travail.
    Contrairement à aujourd’hui, vite fait mal fait, et les ouvriers mécontents. Et c’est laid.
    Merci Dominique, pour cette visite.

  6. « … mais de la terrasse, par-delà les bassins, les statues, les charmilles et, d’escalier en escalier, après les dernières statues et les derniers bassins, quel est ce long canal et ces peupliers naturels, cette sorte de petite Hollande qui commence, cette mystérieuse contrée…? » (Jean Santeuil)

  7. Je pourrais passer des heures à photographier les reflets du ciel et les éclats de lumière dans les miroirs d’eau.

  8. « Prétend » est bien le mot. Le plus sûr de cette bribe de film, pour ceux qui ne les descendent pas, ce sont les marches d’escalier.

    • @ Adrien Le Bihan : on préfère imaginer Proust dans un ascenseur à l’ancienne… 😉

      • Revu le film. Le personnage ressemble tout de même beaucoup aux photos de Proust. Quant aux ascenseurs… On en voit un très beau, si je me souviens bien, dans le Fantômas de Feuillade.

        @ Adrien Le Bihan : Proust a pourtant connu les ascenseurs, comme le téléphone. Il est évidemment difficile de se prononcer sur sa « figuration » réelle ou supposée dans ce petit film : le charme est sans doute dans cette interrogation elle-même ! 😉

  9. PdB dit :

    (en fait, les ors parviennent à enlaidir même les fontaines) JPR vaut bien JBL et tant que la basse continue… (tu es quand même parvenu à faire une photo sans aucun humain dedans : bravo !!) (un jardin sans doute interdit à cette espèce, j’imagine ?)

    • @ PdB : Avec ton JPR, j’ai cru un moment que tu parlais de Jean-Pierre Raffarin, le revenant…
      Pour la photo numéro 3, on pourrait imaginer qu’il s’agit de petits personnages rescapés de l’époque (on n’était pas très grand, au temps des Louis XIII, XIV, XV, XVI…) ! 😉

  10. Dom A. dit :

    Bonne idée, il faudrait faire une lecture verticale de la Recherche : les escaliers, les ascenseurs, les avions… et bien sûr les prêtres !

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