Archives du 02/04/2017

Jouets fantasmatiques

(Paris, rue de Lesdiguières, 4e, 15 mars. Cliquer pour agrandir.)

Ils peuvent réapparaître au coin d’une rue, ces jouets fantasmatiques, sans que l’on s’y attende le moins du monde, ils s’offrent de l’autre côté de la vitrine d’un magasin, comme si cette surface transparente était à la fois invitation et interdiction : désir mais impossibilité de la traverser, comme le temps que l’on pourrait remonter à contre-sens, science-fiction vers le passé, l’époque des cours de récréation, le « vert paradis des amours enfantines… ».

Les wagons se croisent, les bus et les voitures dévalent, comme dans une sorte de carnaval agrémenté de la ritournelle d’une petite boîte à musique avec sa manivelle fragile. Ils se mettent alors à tourner dans la tête, c’est un manège où les souvenirs s’auto-tamponnent, où les odeurs de barbe-à-papa et les flonflons de la ducasse forment une mince coulée spirituelle de lave multicolore.

Il me manque la vision d’un téléphérique urbain – Brest en possède un, et Paris zéro (ce n’est pas un funiculaire comme à Montmartre). Mais je me souviens en avoir acheté un, en miniature, à mon fils quand il était petit. Il est rangé maintenant ici, dans un carton avec illustration d’un paysage ressemblant à une montagne en Suisse ; il suffirait que je le déballe, que je l’installe et je grimperais alors dedans d’un simple coup d’imagination.

Ce serait vraiment féérique.

(Paris, rue Marie-et-Louise, 10e, 31 mars. Cliquer pour agrandir.)

(Haydn, La Symphonie des jouets, Allegro.)

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