Le film « Corporate » sa cible ?

Il est vrai que l’on sort de ce premier film de Nicolas Silhol, Corporate, sans avoir été le moins du monde ému, bouleversé, étonné. Ce qui est un peu frustrant. Le sujet était pourtant pas mal : une DRH, dans une multinationale, dont on ignorera toujours quel est son rôle sur le marché, est chargée de mettre en place un « plan de licenciements sans démissions ».

Et cela tourne mal, à cause d’un « management » dont on a pu voir les conséquences quand « la mode du suicide », selon les mots de son PDG de l’époque, s’empara de France Télécom.

Mais ici, le scénario est bien trop linéaire, la réalisation trop sage, les acteurs « jouent » de manière stéréotypée (Céline Sallette est jolie et impeccable, Lambert Wilson fait son numéro) et le « retournement » du personnage principal permet un « happy end » assez artificiel.

Ce n’est pas un film qui marque – je n’irai pas jusqu’à l’assassiner comme dans Libération – et on l’oublie rapidement, hélas, car on n’apprend rien de nouveau sur le monde des grandes entreprises.

Elles seront d’ailleurs, comme tout le reste, devenues « bienveillantes » grâce au candide Macron, s’il arrive en haut de l’échelle électorale à deux barreaux qui sera bientôt dressée pour l’édification « en marche » du bon peuple.

(photos du 18 avril, cliquer pour agrandir.)

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19 réflexions sur “Le film « Corporate » sa cible ?

  1. brigetoun dit :

    occasion perdue
    quant à l’espoir final je me permets de douter 🙂

  2. @ brigetoun : l’espoir final n’est pas la « lutte finale »… 🙂

  3. Alex dit :

    On brûle d’impatience, vite le dénouement du grand film sur les élections à la présidence.

  4. Le monde du travail semble être devenu un gouffre de souffrances, peu importe le niveau où l’on évolue, souffrance des subalternes ou des dirigeants, alors que le « travail » était pour l’homme un moyen d’épanouissement avant tout. Il faudrait remettre l’humain au cœur du système, au lieu d’en faire un esclave au profit d’un monde entièrement robotisé. Les candidats à la présidentielle n’en n’ont pas beaucoup parlé, curieusement…

    • @ mchristinegrimard : Merci pour votre commentaire, vous avez raison !
      Le travail est souvent devenu, surtout avec des méthodes de « management » tournées vers les profits de l’entreprise au détriment du « profit » et du bien-être individuels, la « torture » que l’étymologie du mot indique pourtant clairement…
      La « loi travail » d’El Khomry n’a fait que donner la possibilité d’aggraver la situation : il me semble que Benoît Hamon a été un des rares à mettre l’accent sur l’aspect « pénibilité » des activités humaines, quand on ne se préoccupe pas ou peu d’améliorer le sort des « esclaves » modernes.
      Ce film a donc le mérite, quand même, de remettre le sujet sur le tapis.
      Quand on pense qu’un Vincent Lindon, qui a joué le rôle d’un chômeur dans le film « La Loi du marché », annonce qu’il va voter Macron, bonjour la conscience politique ! 🙂

      • ne laisser de parole aux acteurs autre que celle de l’auteur qu’ils représentent

        @ colorsanspastels : oui, s’il a quelque chose d’intelligible et de fort à exprimer. 🙂 D.H.

      • Alex dit :

        @ MCG et DH : la pénibilité au travail date de la sortie du paradis terrestre,  » maintenant tu travailleras à la sueur de ton front ». Affaire pas encore résolue.
        Exception faite pour les artistes, qui veulent vivre pleinement leur art.
        (Oui, mais au prix de tout sacrifier.) La condition humaine est tragique.

        @ Alex : Le jour où on empêchera – avec des médocs ad hoc – le fonctionnement des glandes sudoripares, tout sera enfin résolu ! 😉 D.H.

  5. PdB dit :

    vraiment dommage pour ce film – on rêverait d’un Kubrick, ou même d’un Costa-Gavras pour un tel casting (je ne dis même pas Billy Wilder ou Ernst Lubitsch…)- ce qui manque cruellement, c’est un scénario au cordeau sur les aspects techniques et professionnels de l’histoire : effacer le contenu des cases d’un tableur ne suffit pas à convaincre… (on votera dimanche en tout cas) (et pas pour micron, c’est certain)

    • @ PdB : oui, j’avais vu sur ton blog Pendant le week-end que tu critiquais ce film et, ce qui est rare, je suis, a posteriori, entièrement d’accord avec ton opinion.
      Mais tu places la barre un peu haut : Nicolas Silhol devrait revoir quelques films de ces cinéastes (par contre, son fils, si j’ai bien lu le générique de fin, joue très bien, au milieu du couple formé par la DRH et son mari américain). 😉

  6. Alex dit :

    @ DH : combien aura coûté toute cette campagne électorale, à coups de millions d’euros ? Mais l’argent des autres ne compte pas.
    Nous, par contre, on nous demande de nous serrer la ceinture.
    Je propose de remplacer tout ce gaspillage par de simples vidéos sur internet, en plus des interviews télévisées.

    • @ Alex : d’autant que les meetings peuvent être le lieu d’attentats (de la farine, on passe à la rose puis au risque du fusil automatique ou à la bombe).
      Mais d’ici cinq ans, les choses auront sans doute changé (avec une forte taxe sur les ordinateurs)…
      Ou alors, pour raisons impérieuses d’économies, on supprime carrément toutes les élections. 😉

      • Alex dit :

        Choisir paraît être le propre de la liberté.

        @ Alex : cette maxime kantienne devrait figurer sur les édifices publics, tant qu’il en reste. 😉

  7. Francesca dit :

    « De la musique, avant toute chose… » préconisait Verlaine et aussi de la Poésie ! car on ne sait qui choisir dans cette onzaine. Enfin, moi, qui sais juste qui ne pas choisir.

  8. Un film trop sans cible
    Électeurs trop sans cible
    Il y aurait un état d’urgence
    A retrouver sa sensibilité
    Les médias ne sont pas
    Sans cibles
    La cible est là
    Suivant le filon, le sillon ou le filou
    En jet
    En car
    Devin je ne suis point…
    Mais je glisse pour l’humain
    Dans l’urne mon bulletin.

    Belle journée à vous !

  9. gballand dit :

    Je me demande ce qu’est un  » management bienveillant » ! En espérant que la « macronite » ne gagne pas une trop grande partie de la population…

  10. @ gballand : la « macronite » a tout de la Sansonite : elle roule comme une valise et nous roule en même temps.
    Son « management » (pas très soft) par les médias dominants a bien formaté l’esprit (?) des Français. 😉

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