Archives du 01/05/2017

Chostakovitch en musique libre à Paris [1/2]

Paris, du côté de Saint-Germain-des-prés (où il y a toujours des après-midi) : je hâte le pas devant « Les Deux Magots » avec leur horrible terrasse à touristes qui empiète largement sur la place, mais la musique est déjà présente comme si l’ombre de Lester Young me disait bonjour en passant.

« La Hune », ici, n’est plus désormais la librairie-vigie que l’on aimait, heureusement la rue des Saints-Pères (6e) – où habitait le dessinateur Georges Wolinski, comme le rappelle une plaque commémorative – pointe déjà ses trottoirs étroits.

C’est là, au N°19 bis, que se tient l’« Association Internationale Dimitri Chostakovitch » (avec toutes ses activités de documentation, de recherche et d’expression) où, samedi, était donné un merveilleux concert d’après une œuvre du musicien russe : le Concerto pour violon N°2 op.77, dans la réduction pour violon et piano qu’en a réalisée le compositeur, et publiée récemment dans le volume 43 de DSCH New Collected Works.

Caché dans un bel hôtel particulier, le lieu a été joliment rénové et la verrière éclaire de ses feux diurnes la salle de concert où sont rassemblés des auditeurs fervents.

Les deux interprètes ont été en tous points éblouissants : la violoniste Shan-Shih Chang et le pianiste Junichi Ito, dans une pièce techniquement très difficile. Chostakovitch fait ici preuve d’une approche à la fois sensible, forte et audacieuse de la musique, ce qui lui valut d’ailleurs un certain nombre de déboires sous le régime stalinien.

Les musiciens ont reçu quatre rappels tout à fait mérités de la part de l’assistance.

(photos : cliquer pour agrandir.)

(Chostakovitch, Piano Concerto N°2, II, Andante.)

[ ☛ à suivre ]

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