Noctambulatoires

J’aime quand je dois prendre ma voiture certains soirs pour raccompagner ma fille chez elle. Au retour, je suis seul, j’ai enclenché sur l’iPhone mon appli Waze (bientôt interdite, parmi d’autres, pour sa fonction de signalement des radars urbains et routiers ?), la voix anonyme me rappelle que je suis sur la trajectoire exacte, le petit écran lumineux me montre, quand je lui jette un œil, que des satellites GPS prennent soin de moi si haut, si loin et si gentiment.

J’ai branché TSF Jazz et je redescends de Montreuil en passant par la porte des Lilas puis Belleville, c’est facile, en pente, un sens unique, il suffit de le suivre, comme le fleuve va irrésistiblement vers la mer.

Mais je ne suis pas « Uber alles » et ne m’arrête pas à la moindre sollicitation sur un trottoir. Ma voiture ne possède d’ailleurs ni la marque, ni les vitres teintées, ni la couleur noire adéquates.

Un jour, s’il existe toujours des véhicules individuels, il paraît qu’on en verra voler dans le ciel, au-dessus des rues, comme des drones à quatre roues. Il faudra sans doute réinventer alors une « police de la route » pour gérer les embouteillages et les carrefours virtuels : autant d’emplois à créer – tout est « en marche » (ou en l’air) dans la bonne direction.

(photos prises le 29 mai. Cliquer pour agrandir.)

(Wes Montgomery, Impressions)

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19 réflexions sur “Noctambulatoires

  1. brigetoun dit :

    quand la rue s’en va tout droit et que le GPS n’a d’autre rôle que de tenir compagnie avec la radio, le jazz qui va tranquillement, la nuit et les petits points rouges qui glissent devant la voiture

  2. Arlette A dit :

    Début d’un film…ou la route selon la musique

  3. ck dit :

    Sur les marches de la dernière photo, est née, « dans le plus grand dénuement » dit la plaque (évidemment, dit la passante), Edith Piaf.

  4. Glisser la nuit en voiture vers et dans Paris, dans les corridors des rues… je ne le fais plus depuis longtemps, mais – « vrais » souvenirs ou de séquence vues au ciné – j’en ai la sensation intacte 🙂
    (ou comment se construit une mémoire urbaine jusque dans la tête de ceux qui habitent ailleurs… )

    • @ cranetsparesseux : la mémoire serait donc un partage et non un coffre-fort personnel… Vous avez dû emporter la vôtre sur un navire typographique ! 😉

      • un coffre fort plein de trous et de courants d’air, alors 🙂
        en pause, le navire typo va reprendre la mer d’ici quelques jours.

        @ carnetsparesseux : attention aux hauts fonds où traînent des ancres en forme de points d’interrogation ! 🙂 D.H.

  5. Bon début de polar de l’Escargot

  6. Godart dit :

    Accompagné de sa fille à l’aller, seul au retour, deux plaisirs.

  7. Francesca dit :

    « Déambuler » ne s’entendait pour moi qu’à pied.
    J’ai tort puisque le mot a en effet étendu son sens à d’autres modes de déplacement ; on parle aussi maintenant d’ « hôpital ambulatoire »…

  8. @ Francesca : ce qui compte, dans ce néologisme, c’est l’action de « buller »… 😉

  9. Alain Pierrot dit :

    À faire réécouter du Mingus — et la reprise par Branford Marsalis

  10. PdB dit :

    (c’est au 72 je crois bien, que la piaf fut « abandonnée » – il semble que ce ne soit qu’une légende – mais elle est jolie) merci pour Wes… (quoi de plus magnifique que de rouler vitres ouvertes jazz aux oreilles ? sinon l’amour, je ne vois pas vraiment…) (quelle belle bulle…!!)

  11. @ PdB : tout est prétexte à mettre un peu de musique, un jour ou l’autre… 😉

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