Archives du 07/06/2017

Vu des épaules et puis du pont

L’enfance peut s’agrandir, pas seulement en photos. Se retrouver perché sur les épaules de son père et voilà que l’on se prend pour une vigie sur son mât avant même de connaître le mot même et les vagues. On domine la situation, on marche par intercession. Un jour il suffira d’imaginer le pas lent du chameau dans le désert chaud, qui a sans doute à voir avec les promenades effectuées quand on était petit. La chaloupe navigue sur le trottoir, incognito, mais ce genre d’attelage n’est pas encore interdit (« par mesure de précaution ») en ville.

Puis on s’arrêtera devant le pont tournant qui bloque la circulation terrestre, rue de la Grange-aux-Belles (10e) – un chaland passe, l’écologie progresse, même parfois à contre-courant. L’Hôtel du Nord se tient juste en face, derrière sa façade liftée. Le soleil s’amuse avec la pluie, les rayons avec les gouttes, l’alternance est en marche, les écluses s’ouvrent et se ferment comme si de rien n’était dans le cours des jours, ce qui est peut-être la vérité après tout. La péniche descend dans son caveau provisoire avant d’en ressortir : Lazare fait bien les choses.

(photos : cliquer pour un format plus large.)

(Modern Jazz Quartet, Ralph’s New Blues)

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