Vu des épaules et puis du pont

L’enfance peut s’agrandir, pas seulement en photos. Se retrouver perché sur les épaules de son père et voilà que l’on se prend pour une vigie sur son mât avant même de connaître le mot même et les vagues. On domine la situation, on marche par intercession. Un jour il suffira d’imaginer le pas lent du chameau dans le désert chaud, qui a sans doute à voir avec les promenades effectuées quand on était petit. La chaloupe navigue sur le trottoir, incognito, mais ce genre d’attelage n’est pas encore interdit (« par mesure de précaution ») en ville.

Puis on s’arrêtera devant le pont tournant qui bloque la circulation terrestre, rue de la Grange-aux-Belles (10e) – un chaland passe, l’écologie progresse, même parfois à contre-courant. L’Hôtel du Nord se tient juste en face, derrière sa façade liftée. Le soleil s’amuse avec la pluie, les rayons avec les gouttes, l’alternance est en marche, les écluses s’ouvrent et se ferment comme si de rien n’était dans le cours des jours, ce qui est peut-être la vérité après tout. La péniche descend dans son caveau provisoire avant d’en ressortir : Lazare fait bien les choses.

(photos : cliquer pour un format plus large.)

(Modern Jazz Quartet, Ralph’s New Blues)

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24 réflexions sur “Vu des épaules et puis du pont

  1. brigetoun dit :

    et la boite aux lettres s’est teintée en rose, et on a (ou j’ai), comme chaque fois ou presque, envie de sauter et d’atterrir en douceur sur le pont de la péniche

  2. @ brigetoun : une embarcation très écolo (et donc politique)… 😉

  3. PdB dit :

    oui, et d’ailleurs la marque de cette écologie-là est au porte-bagage du vélo, ce si joli cageot de bois tellement new age… (en tout cas MJQ MJQ!!!) (cette rougeur qui s’empare des images et surtout celle du chaland qui passe) (et la petite image de backtothestreet au dessus du rose de la boite aux lettres)

  4. gballand dit :

    Quelle chance d’habiter Paris…

  5. Giovanni nous avait fait découvrir cet endroit magnifique il y a 3 ans à la même période et je crois que vous avez photographié le café où l’on s’était réfugié pendant l’averse

  6. Godart dit :

    L’immuabilité de certains lieux a besoin d’être vérifiée de temps en temps. Le Canal Saint-Martin en fait partie. On peut y voir dans le mouvement lent de ses écluses, une vérité réconfortante qui résiste au rouleau compresseur du temps.

  7. Francesca dit :

    Une écluse devant laquelle rêver longtemps, à l’abri du bruit des camions, dans l’espoir que les nouveaux dirigeants favorisent le transport fluvial…
    La boîte à lettre rose est toute pimpante mais risque de dérouter les passants qui en cherchent des jaunes où glisser leurs mots d’amour.

    • @ Francesca : J’en ai vu une deuxième de la même couleur un peu plus loin… mais que fait la Poste pour relancer le courrier (il vaut mieux licencier du personnel !), au lieu de nous obliger à utiliser ses horribles machines à affranchir avec non plus des timbres mais des « vignettes » sans image et sans saveur ? 😉

  8. Alex dit :

    Je me souviens encore de l’extrême bonheur qui me saisissait, lorsque mon père m’élevait dans les airs et m’installait sur ses épaules – je regardais avec étonnement la rue familière et ses magasins qui offraient un tout autre aspect – sa démarche sportive me ballottait quand il voulait presser le pas, je serrais fort mes bras autour de sa tête pour me retenir de tomber, alors il criait d’ôter mes mains de ses yeux !

  9. Geneviève Lambert dit :

    Bonjour Dominique Hasselmann,
    L’un de vos clichés montre la péniche « Alizarine ».
    Je vous invite à aller faire un tour sur leur site.
    Merci pour toutes les balades que vous nous offrez.
    Cordialement à vous.

  10. je plussoie Alex sur la joie extrême d’être, môme, perché et le changement que cela imposait au monde ! inversement, à remettre ses pieds dans ses pas, on découvre un monde de collines plus basses, d’immeubles moins impressionnants, un monde d’enfant réduit aux dimensions des adultes. Heureusement, le curieux labeur des péniches – leur lenteur et leur légèreté – me sauve d’une nostalgie hors de saison (gardons-en pour l’automne)

  11. @ carnetsparesseux : et la terre paraît un peu plus ferme ! 🙂

  12. Alex dit :

    @ DH et Francesca :
    Petit à petit, les vignettes remplaceront les timbres. Plus d’artistes, peintres, graveurs, etcétéra…à payer !
    Plus de plaisir à choisir et coller un timbre de collection sur l’enveloppe, en pensant au plaisir du petit collectionneur qui le recevra !
    Les timbres sont une spécialité française, certains pays font faire les leurs chez nous. À disparaître !
    La dégringolade continue.

    • @ Alex et Francesca : même le « timbre fiscal » (adoré) se paie directo par Internet : les graveurs qui œuvraient pour « Bercy » vont devoir se reconvertir à la fausse monnaie !!! 🙂

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