Archives du 07/07/2017

Addiction post Bach [13]

Après cette enfilade de places et de « passages » (Walter Benjamin les a-t-il connus ?) à Leipzig dans lesquels nous nous promenons comme au travers d’un labyrinthe qui indiquerait le ciel bleu comme sortie, nous allons déjeuner au restaurant Wagner – sans sacrifier au menu du même nom avec sa « Tannhäusersuppe » en entrée… – puis nous refaisons un saut en tram jusque qu’à notre appartement.

La fin d’après-midi semble maintenant le prélude au concert du soir (toujours ce 14 juin, à 20 heures !) avec un concert dans la Nikolaikirche, une des deux églises où officia J.S. Bach – et qui fut un des lieux de contestation préfigurant la chute du mur de Berlin en 1989 – nous offrant pour la deuxième fois une œuvre de Claudio Monteverdi.

Et alors là, emballement jusqu’au plus haut des cieux : « Les Vêpres de la Vierge » (1610) par l’ensemble Pygmalion, sous la direction de Raphaël Pichon.

Un long moment de « transportation », avec ses chanteurs disséminés dans les sommets de l’église aux piliers fleuris – tels que l’un d’eux semble avoir quitté au dehors ses autres camarades pour mieux marquer le lieu sacré – et une « spatialisation » avant la lettre des chants couplés avec la musique éthérée, éternelle, qui dépasse l’entendement.

Les applaudissements (plus de cinq minutes ininterrompues) à la fin de l’interprétation sont à la hauteur de l’événement, de l’avènement de cette beauté musicale, avant Bach mais dans la future continuité de l’imagination délivrée (comme ce fut plus tard le cas avec certaines compostions du regretté Pierre Henry) ce soir-là par un doigt divin à l’écriture puis à son ordonnancement envoûtant pour l’auditoire recueilli.

(la photo ci-dessus en cache une autre.)

(la photo ci-dessus en disssimule également une autre.)

(photos : cliquer pour agrandir.)

(Monteverdi, Vespro della Beate Vergine, extrait, Monteverdi Choir, dir. John Eliot Gardiner)

[ ☛ à suivre ]

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