Addiction post Bach [21]

En septembre 1717, J.S. Bach va jusqu’à Dresde, à la cour du roi catholique, pour un concours de clavecin. Il triomphe de son concurrent mais rentre plus tard à Weimar.

Etait-ce une raison suffisante pour repartir de Leipzig, ce dimanche 18 juin, jusqu’à cette ville (ex-RDA) connue surtout pour les bombardements alliés qu’elle a subis en 1945 et qui tuèrent des dizaines de milliers de personnes et détruisirent tout le centre ancien, entièrement reconstruit et rénové depuis : pour la Frauenkenkirche, il reste un pan de mur authentique (avant la démolition de celui de Berlin en 1989 pour laquelle les habitants de cette ville luttèrent – si j’ose dire – parmi les premiers).

Dresde impressionne par ses perspectives à l’ancienne, l’Elbe qui coule sous ses deux ponts magnifiques, et son admirable Gemäldegalerie Alte Meister (« Galerie des Maîtres anciens ») dont les tableaux originaux avaient été cachés et protégés à l’époque dans une forêt des environs.

Les toiles de Cranach, notamment, semblent avoir été peintes la veille. Il émane d’elles une sorte de béatitude mêlée d’une douce ironie assez incroyables.

Après la visite de ce musée éblouissant et pas trop fréquenté (ce blog n’est en aucun cas un relevé systématique ou exhaustif de ce que j’ai pu voir, juste seulement quelques aperçus…), nous reprenons l’autoroute pour Leipzig (121 km) où nous attend, à 18 heures pile, le dernier concert réservé pour une œuvre de J.S. Bach : la Messe en si bémol, à la Thomaskirche.

Heureusement, presque pas de limitation de vitesse ni aucun radar sur le parcours pour notre vaillante Scenic Renault : c’est agréable de rouler à 150 ou 160 km/h sans stress ni crainte d’un flash fiscal à la sauce française.

On n’a pas encore inventé de surveillance policière « métronomique » pour la musique…

(Die Fraueunkirche. Cliquer pour voir une autre photo.)

(Cette photo en dissimule une autre.)

(la photo ci-dessus, Thomaskirche à Leipzig, en cache une autre. Cliquer pour agrandir.)

(J.S. Bach, Messe en si bémol, BWV 232, extrait, dir. Michel Corbiz)

[ ☛ à suivre ]

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14 réflexions sur “Addiction post Bach [21]

  1. brigetoun dit :

    toute raison était suffisante pour aller à Dresde (et nous en rapporter quelques beaux aperçus… j’aime la remarque sur la béatitude mêlée de douce ironie des Cranach)

  2. @ brigetoun : il y avait nombre de tableaux remarquables mais je ne peux les reproduire ici… ou d’autres photos aussi parmi lesquelles j’ai dû choisir ce mini-échantillon ! 😉

  3. Merveilles ! Aimerais bien voir cette reconstruction. À Bonn, reconstruite également, sur chaque maison il y avait une petite plaque avec un résumé de son histoire.

    • @ colorsandpastels : ouvrez le lien dans le texte sous « cette ville », vous en verrez plus !
      J’ai mis un autre lien pour vous vers une de mes photos invisibles, un tableau quasi surréaliste avant la lettre…
      Il s’agit d’une œuvre de Wallerant-Vaillant :
      « Lille 1623-1677 Amsterdam
      Bird with Letters, Penknife and Quill behind Red Tape, 1658
      Oil on paper mounted on canvas. »

  4. Alex dit :

    À Bruxelles l’an dernier, j’ai contemplé Cranach (père et fils) de visu pour la première fois, alors que je connaissais les tableaux par les photos, j’ai eu un choc difficile à définir.

    Les bombardements abusifs américains de 45-46, avaient provoqué l’indignation en Europe, les faisant accusés de penser surtout aux profits juteux et immédiats de la reconstruction.

    • @ Alex : Pouvoir admirer des « vrais » Cranach, et pas derrière trois ou six rangs de visiteurs, cela est grandement appréciable !

      Les bombardements sur Dresde ne semblaient pas, effectivement, « stratégiques ». Quelles en sont les raisons exactes ? Je ne suis pas géopoliticien… 😉

  5. Alex dit :

    Le capitalisme anglo-saxon, aux profits à court terme, contrairement au capitalisme rhénan, aux profits à long terme, (voir Wikipedia), a provoqué beaucoup de dégâts depuis un siècle.

  6. Francesca dit :

    Je n’aime pas les Cranach, père ou fils et je ne saurais dire exactement pourquoi, leurs thèmes étant pourtant bien ceux de l’époque. Les modèles des portraits me rebutent, à part quelques rares jeunes beautés.
    L’enthousiasme des commentaires me suggère d’y regarder de plus près mais j’avais vu arriver « Les trois grâces » au Louvre et les avais trouvées singulièrement peu gracieuses… Volonté du peintre, dit-on…

  7. Alex dit :

    @ Francesca : le nu n’a été autorisé qu’à partir de la Renaissance, mais à condition d’être académique, c’est-à-dire selon des dimensions et des attitudes définies par l’école.
    (Pour un tableau destiné à la vente).
    Seulement à partir du XIXème et du XXème siècles, le peintre a pu peindre son modèle comme il le voulait, et trouver des amateurs.

    @ DH : dans l’atmosphère nordique déjà de Bruxelles, Cranach prend une toute autre dimension que sous le ciel de Paris. Il est dans son contexte.

  8. Francesca dit :

    Merci @ Alex et @ Dominique !

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